[Critique] Une vie qui commence: ça part mal

Pour son premier long métrage, Michel Monty réalise théâtralement une histoire correctement reconstituée, basée sur un scénario aux avenues intéressantes.

François Papineau dans Une vie qui commence de Michel Monty

François Papineau dans Une vie qui commence de Michel Monty

Après la disparition tragique et relativement mystérieuse d’un père très présent (sa dépendance aux narcoleptiques est une amorce très intéressante), un jeune garçon essaye tant bien que mal de suivre ses traces et de lui survivre. À l’insu de son entourage, il se met à absorber des médicaments dangereux (alors que sa mère ne s’aperçoit de rien…), s’habille toujours avec le même costume qui sent mauvais (mais qui n’est jamais mis au lavage…) et pratique l’hypnose sur ses frères et sœurs.

Techniquement, Une vie qui commence est un film propre, lisse et bien fait. Les costumes sont irréprochables et les décors et accessoires d’époque sont parfaitement agencés. Ils inondent l’écran de leur lumière de vieille existence bien préservée (même la voiture usagée achetée par le père de famille semble sortir d’un show-room de véhicules antiques). À l’instar de ces objets, enflés de fierté à la vue de leur rutilante pacotille, le film de Monty ne dépasse jamais le cadre de l’exercice de style propre et sans surprise. Malgré tout le soin apporté à reconstruire l’époque, la chaleur des ambiances intérieures ou les teintes automnales, l’émotion ne passe pas.

Toutefois,  l’approche scénaristique est intéressante. Le film montre la dépendance d’un père de famille aux apparences bien rangé, qui noie cette vie trop parfaite dans les drogues, tout en cachant cette dépendance aux yeux de sa famille. Dommage que le scénario ait évacué un peu vite ce sujet.

Mais l’ensemble manque cruellement de chaleur et d’émotions. Ici, les humains sont abordés par Monty sous un angle beaucoup plus thérapeutique qu’émotionnel. Seule la grand-mère (Rita Lafontaine) parvient à donner un peu de ferveur à son personnage. Une vie qui commence étire son deuil en longueur et le spectateur se plonge dans l’ennui, regrettant que François Papineau (le meilleur est pour lui) ait quitté l’écran trop tôt.

  • J’aime: une idée intéressante et peu abordée (la dépendance aux narcotiques)
  • J’aime moins: quelques incohérences dans le récit ; le manque généralisé d’émotions et de chaleur

Une vie qui commence – Québec, 2010, 1h43 – Au début des années soixante, un jeune garçon tente de suivre les traces de son père, mort d’une crise cardiaque, et se met à faire les 400 coups – Avec: Charles-Antoine Perreault, François Papineau, Julie Le Breton – Scénario et Réalisation: Michel Monty – Production: Josée Vallée (Cirrus), Pierre Even (Item 7) – Distribution: Alliance Vivafilm

Ma note: 

Les notes :

★★★★★ Excellent
★★★★ Très bon
★★★ Bon
★★ Moyen
Mauvais

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