Amoureuses, Les – Film de Johanne Prégent

Second long métrage de fiction de Johanne Prégent, Les amoureuses est une chronique douce amère portant sur les doutes existentiels de quatre quarantenaires en proie à la crainte d’affronter leur passé.

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« J’ai fait un film sur le désir des femmes… un désir qui passe par les mots, la parole ». C’est en ces termes que l’auteure et réalisatrice Johanne Prégent présentait Les amoureuses, son second long métrage de fiction sorti durant l’hiver 1992-93. Réalisée après le téléfilm Blanche est la nuit (1988), cette chronique douce amère sur la quarantaine et sur la crainte d’affronter son passé relate les histoires entremêlées de deux couples, l’un qui se construit tandis que l’autre s’effiloche.

En 1993, dans le numéro 3 de Ciné-Bulles, Michel Coulombe demandait à la cinéaste de résumer son film : De manière générale, j’ai de la difficulté à raconter mes propres films. Je travaille instinctivement plutôt que par raisonnement. Dans ce cas-ci, je voulais parler de l’amitié féminine, un sujet encore très peu abordé au cinéma, mais aussi d’amour puisque je n’ai toujours pas fait le tour du sujet… Ce qui m’intéressait en fait, c’est les extrêmes de la relation amoureuse, le début et la fin, présentés de manière à ce qu’ils se chevauchent, s’influencent. Montrer la passion d’un couple qui contribue à provoquer la rupture d’un autre.

Les amoureuses eut droit à une belle carrière commerciale, attirant 30 000 spectateurs dans les salles de la Province où il était présenté.

Louise Portal dans Les amoureuses (image tirée du film - coll. ONF)

Louise Portal dans Les amoureuses (image tirée du film – coll. ONF)

Réception critique

Pourquoi, en amour, perd-on si facilement la tête? C’est pour que le coeur prenne toute la place. Devant le couple Nino-Marianne, c’est la seule explication que je me suis donnée. Les Amoureuses, c’est un film qui pose des questions pertinentes sur la peur de l’engagement, le beau risque d’aimer et l’avenir du couple. Pour ne rien vous cacher, je vous dirai que j’ai eu un coup de coeur pour Les Amoureuses, j’en suis tombé amoureux. (Janick Beaulieu, Séquences : la revue de cinéma, n° 164, p. 48-49.)

Ce n’est pas tant le sujet qui gêne que l’angle subjectiviste sous lequel il est traité et l’espèce de psychologie tristounette mêlée de fade intimiste et de métaphysique sentimentale où nos courtisanes s’abîment, corsetées dans leur emploi emblématique de femmes de quarante ans, aujourd’hui, devant l’amour et l’amitié… (Gabriel Landry, 24 images, n° 66, p. 69)

Film de femmes, alors? Sans doute, mais ne vous y trompez pas: par son propos et surtout par le traitement qui lui est donné, ce film-tendresse est susceptible de toucher profondément tous les amoureux – au sens très large – qui ont un peu vécu. Un film à résonances, dans lequel certains ont vu une suite du Déclin de l’empire américain. Peut-être, mais sans le cynisme et le désespoir signés Denys Arcand (lequel a pourtant agi comme conseiller au scénario). En tout cas, un de ceux qui s’attardent en vous, après le visionnement. (Huguette Roberge, La Presse, 27 février 1993, p. D4)

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