Délivrez-nous du mal – Film de Jean-Claude Lord

Réalisé en 1965 à partir d’un roman de Claude Jasmin décrié, Délivrez-nous du mal est le premier long métrage de fiction de Jean-Claude Lord, alors âgé de 22 ans.

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Délivrez-nous du mal est un drame psychologique réalisé en 1965 par Jean-Claude Lord, son premier long métrage alors qu’il n’avait que 22 ans. Basé sur un roman de Claude Jasmin décrié, le film fut « tabletté » pendant quatre ans à cause sans doute de son sujet « sensible » (les amours tourmentés de trois trentenaires, dont deux sont homosexuels), sa vision morose de la vie (déprime, obsession, cruauté, alcoolisme entre autres).

« J’avais lu Délivrez-nous du mal (Claude Jasmin) qui traitait d’une relation homosexuelle latente. Sujet qui m’avait interpelé. Il faut se rappeler qu’à l’époque l’homosexualité était considérée comme une maladie “criminelle”. Tourné sans argent avec une bande de techniciens issus des rangs amateurs comme moi, nous apprenions notre métier sur le tas. Il n’existait à ce moment-là aucune école de cinéma au Québec. Nous apprenions tous sur le tard, parfois à la dure, mais toujours avec passion. » – Jean-Claude Lord (catalogue Fantasia 2016)

Délivrez-nous du mal fut présenté sur un écran à Montréal durant l’été 1969 mais fut un échec total, tant critique que public, et fut rapidement mis au rancart. Indisponible en VHS et en DVD, le film a été restauré par Éléphant en 2016 et a été présenté au Festival Fantasia.

Pour une analyse plus détaillée sur le film : http://pages.videotron.com/lever/Films/Delivrez.html

Encart La Presse pour le film Délivrez-nous du mal de Jean-CLaude Lord

Encart La Presse pour le film Délivrez-nous du mal de Jean-CLaude Lord

Réception critique

On nous dit qu’on peut y voir une affaire homosexuelle, mais c’est plutôt une relation toute mêlée entre homme et femmes, absolument aliénée. Le principal intérêt en est de faire voir ce que ce pouvait être ici il y a quelques années. Mais il faut croire que ça s’éclaire. Déjà ce film prend les aspects d’une plaisanterie noire sur les cauchemars mélodramatiques dans lesquels la race s’empoisonnait. J’espère que nous n’en reviendrons pas là. Avançons. – Jean Chabot – Le Devoir, 7 juillet 1969


Le sujet, il faut bien le dire, est assez joli. Malheureusement, il n’est pas filmé, il est raconté du bout des lèvres, pour ne pas dire chuchoté. C’est l’envers de « Burnt Child » [1], mais c’est aussi l’envers de « Un soir, un train » [2] : tout parle à l’intellect, et encore, même pas. L’histoire nous est racontée comme à des enfants qui ne comprennent pas grand chose, en utilisant les mots les plus légers, les moins signifiants, en prenant soin d’éviter que se produise ne serait-ce que la plus petite sensation, même sentimentale. – non signé, La Presse 5 juillet 1969


Office des communications sociales (extrait) : Il s’agit pourtant dans l’ensemble d’un effort valable et l’interprétation, malgré quelques faussetés passagères, est plus qu’acceptable. Cote : 5

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