Ding et Dong le film – Film d’Alain Chartrand

Truffé de répliques inoubliables et devenu culte après son passage à la vidéo, Ding et Dong le film est une comédie ayant obtenu un succès éclatant au début des années 90.

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Claude Meunier et Serge Thériault dans Ding et Dong le film - rencontre avec Roger Ben-Hur - (image tirée du film - Coll. filmsquebec.com)

Claude Meunier et Serge Thériault dans Ding et Dong le film – rencontre avec Roger Ben-Hur – (image tirée du film – Coll. filmsquebec.com)

Ding et Dong le film marque le passage au grand écran de l’irrésistible duo comique québécois Ding et Dong. Réalisée par Alain Chartrand, cette comédie déjantée, élevée au rang de film culte par de nombreux fans, confirma le succès des humoristes Serge Thériault et Claude Meunier, déjà très populaires sur scène.

À sa sortie en décembre 1990 Ding et Dong le film fut un grand succès populaire, ralliant plus de 370 000 spectateurs en salles. Le film ouvrit la voie aux personnages de Popa et Moman dans La petite vie, l’une des séries les plus regardées de la télévision québécoise.

Claude Meunier et Serge Thériault dans Ding et Dong le film - Et boum majorettes!

Claude Meunier et Serge Thériault dans Ding et Dong le film – Et boum majorettes! – (image tirée du film – Coll. filmsquebec.com)

Analyse

Au delà le l’humour aussi absurde que potache, c’est par le biais de ces deux idiots sans le sou que le film tire son intérêt dans la représentation d’un rêve québécois tentant de s’accomplir par tous les moyens, quitte à passer pour ridicule. Héritiers d’une grosse fortune, Ding et Dong ouvrent un théâtre de la manière la plus innocente qui soit et se lancent dans l’adaptation d’un grand classique. Une entreprise casse-gueule dont on peut se sortir avec notre propre identité et notre culture! Au milieu puis à la fin des années 80, la vision de cette province qui sort peu à peu de sa torpeur post-référendaire commençait à émerger au cinéma dans des productions de plus en plus ouvertes à l’autre (Caffé Italia Montréal, Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, Cuervo pour ne citer qu’eux).

Il ne faudrait donc peut-être pas ramener uniquement le film aux répliques absurdes dont est truffé le scénario de Claude Meunier, qui possède en outre un forte capacité d’attirance envers ses « héros ». Nos deux nigauds finiront par se rendre compte que leur valeur est bel et bien rentable, même si elle est dénigrée par les intellectuels et les élites. Journalistes pompeux, metteurs en scènes « songés » et autres observateurs-philosophes en prennent pour leur grade. Le québécois, cinéaste ou homme d’affaire, a maintenant accès à Hollywood comme le montre le personnage de Roger Ben-Hur, et sait désormais exporter ses talents.

Cas unique ou presque dans la cinématographie québécoise, Ding et Dong le film a également un côté novateur en étant l’un des premiers à réussir la transition au grand écran d’un duo d’humoristes reconnus sur scène. Un cas de figure qui ne s’est pas reproduit souvent. Parvenant à s’écarter des films de fesses des années 70 et des blagues estudiantines du début des années 80, le film d’Alain Chartrand possède un attrait distinctif qui ne ressemble à rien d’autre, surtout si on le place aux côtés de Elvis Gratton (1985) ou Cruising Bar (1989), deux autres importants succès populaires de cette époque.

Serge Thériault dans Ding et Dong le film - Représentation de Le Cid de Corneille

Serge Thériault dans Ding et Dong le film – Représentation de Le Cid de Corneille – (image tirée du film – Coll. filmsquebec.com)

Entrevues

Ce n’est pas un film misérabiliste. Il n’y a pas chez Ding et Dong des éléments d’aliénation ou de colonialisme comme chez beaucoup de Québécois. Ils ont une vision personnelle du monde, de son absurdité. Et une capacité d’être heureux. Ce sont des rêveurs. Leur humour n’est jamais méchant. Et jamais vulgaire. Ils ont une façon intelligente et élégante de se tirer d’une situation. Un peu comme Olivier Guimond, sauf que lui n’écrivait pas. » (le réalisateur Alain Chartrand en entrevue à La Presse, le 21 juillet 1990)

« Au cinéma, m’avait expliqué le réalisateur Alain Chartrand, fils de Michel, la comédie exige une réalisation tout en rythme et un découpage ultra-serré. Il a fallu faire beaucoup de plans, pour que le monteur ait un bon choix. Et comme les répliques de Ding et Dong se chevauchent souvent, il faut aussi faire très attention au découpage, pour ne pas toujours sauter d’un plan de Ding à un plan de Dong. On a donc opté pour de nombreux plans rapprochés où ils apparaissent tous les deux. » (entrevue de Claude Meunier dans La Presse du 24 novembre 1990)

« Depuis toujours, j’avais terriblement envie d’en faire une [comédie]. C’est le comique qui m’a d’abord donne le goût du cinéma. Étudiant au collège Sainte-Marie, j’allais voir tous les comiques qui passaient dans les cinémas de la rue Sainte-Catherine. À l’époque, les salles ouvraient à neuf heures et demie le matin. Je séchais donc le premier cours plus souvent qu’à mon tour. Jerry Lewis, Buster Keaton, Charlie Chaplin, Abbott et Costello, les Marx Brothers, Fernandel, Louis de Funès… je les aimais tous! Encore aujourd’hui, le cinéma comique reste à mes yeux un cinéma de personnages. Et Ding et Dong sont pour moi les personnages les plus drôles qu’on puisse trouver au Québec. (le producteur Roger Frappier en entrevue à La Presse, 1er décembre 1990)

Claude Meunier dans Ding et Dong le film - Représentation de Le Cid de Corneille

Claude Meunier dans Ding et Dong le film – Représentation de Le Cid de Corneille – (image tirée du film – Coll. filmsquebec.com)

Réception critique

Même sans spectateurs, les bancs sont pliés en deux…
(texte affiche du film)

Ding et Dong sont des poètes de l’absurde. Cette qualité ne se retrouve pas dans le film. Ou noyée, perdue dans le fatras… On nous avait annoncé des êtres humains montrés dans leur quotidien… comme s’ils étaient filmés à leur insu. Mais non, mais non! Ils sont, au contraire très conscients de la caméra, qu’ils regardent bien en face, en grimaçant. Tous deux dans le cadre (ça aussi, la pub l’a souligné) pour qu’on ne perde pas le punch de l’un pendant que l’autre parle. « Tout a été pensé, planifié, réglé comme un mouvement d’horlogerie », disaient les journaux. Peut-être. Mais ce qu’il a manqué ici, comme dans beaucoup de films québécois de cette ambition, c’est le temps et l’argent pour retravailler le scénario, le polir, le mettre au point. (Serge Dussault, La Presse, 8 décembre 1990, p. C8)

Raymond Bouchard dans Ding et Dong le film - Soir de première pour l'impresario

Raymond Bouchard dans Ding et Dong le film – Soir de première pour l’impresario – (image tirée du film – Coll. filmsquebec.com)

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