Esprit du mal, L’ – Film de Jean-Yves Bigras

Dernier film de Jean-Yves Bigras, L’esprit du mal est un mélodrame écrit par le prolifique acteur et dramaturge français Henry Deyglun.

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Dernier film de Jean-Yves Bigras, connu pour avoir réalisé La petite Aurore, l’enfant martyre deux ans auparavant, L’esprit du mal est un mélodrame écrit par le prolifique acteur et dramaturge français Henry Deyglun d’après sa propre nouvelle.

Partie de l'affiche du film L'esprit du mal (collection Cinémathèque québécoise)

Partie de l’affiche du film L’esprit du mal (collection Cinémathèque québécoise)

Stéréotypé et manichéen, le film expose sans finesse le plan machiavélique échafaudé par « une marâtre avide de richesse » [1] pour écarter un jeune amant aux pensées pures afin de marier sa belle-fille à un riche idiot. Le film, qui se termine évidemment très bien (« et les méchants se tuent dans un accident ») [1], est le dernier exemplaire d’une première vague de longs métrages québécois qui, durant une dizaine d’années, aura vu l’éclosion de l’industrie cinématographique privée donnant naissance à des films souvent rudimentaires, basés sur des récits populaires. Une quinzaine de films en tout, du Père Chopin de Fedor Ozep à celui-ci, et dont La petite Aurore, l’enfant martyre est certainement l’emblème le plus criant.

Image extraite du film L'esprit du mal de Jean-Yves Bigras (Collection Cinémathèque québécoise)

Image extraite du film L’esprit du mal de Jean-Yves Bigras (Collection Cinémathèque québécoise)

Largement inspirées par les radioromans, ces histoires souvent très sommaires ne résistèrent pas à la concurrence de la télévision (qui présentait la même chose) et à l’effondrement des maisons de productions, aux reins encore trop fragiles pour soutenir cette production primitive et les échecs commerciaux qui s’en suivirent. Ce qui fut le cas de L’esprit du mal à sa sortie en 1954. Après une première médiatique dans la grande et belle salle du Saint-Denis remplie à moitié, le film ne resta qu’une semaine à l’affiche à Montréal et ne généra quasiment aucun écho dans la presse de l’époque.

À noter que ce film serait ressorti huit ans plus tard sous le titre Le Triomphe du coeur. Nous n’avons trouvé aucune trace de cette seconde sortie dans les archives journalistiques québécoises archivées à la BanQ.

[1] termes entre guillemets dixit Pierre Veronneau, in. Les cinémas canadiens, Collection Cinéma permanent, Lherminier, Paris, 1978, p.44

Image extraite du film L'esprit du mal de Jean-Yves Bigras (Images numérisées à partir des dossiers de la cinémathèque - Vol #7 - Pierre Veronneau)

Image extraite du film L’esprit du mal de Jean-Yves Bigras (Images numérisées à partir des dossiers de la cinémathèque – Vol #7 – Pierre Veronneau)

Présentation

« L’esprit du mal » connaîtra une belle carrière car il offre au public des éléments dramatiques d’une grande intensité. L’ histoire est celle d’un mariage machiné par une femme avide d’argent. Le mariage n’aura pas lieu car l’esprit du mal ne doit pas avoir raison de l’amour et du libre choix des êtres. Toutefois le film nous fera voir quelles odieuses machinations une femme peut inventer pour associer sa belle-fille à une combinaison financière n’ayant rien à voir avec le sentiment, l’idéal et la beauté. Le film « L’esprit du mal » sort nettement des formules jusqu’ici utilisées par notre production. Il s’agit d’une étude de moeurs et d’un cas qui pour horrifiant qu’il soit n’en conserve pas moins un étrange pouvoir d’attraction sur le public. (L’Union des Cantons-de-L’Est, 22 avril 1954, p.17 – NDLR : il doit s’agir d’un texte issu du communiqué de presse officiel)

Analyse

L’intrigue se situe en milieu urbain montréalais occupé par la petite bourgeoisie d’affaires francophone et la bourgeoisie possédante anglosaxonne, au contact de laquelle l’honnêteté de la première se dégrade temporairement. L’ingénieur minier, à la nature généreuse mais faible, s’est laissé dévoyé par sa femme anglaise (ou anglicisée), tandis qu’une francophone qui a épousé un MacDonald, homme d’affaire opulent, a mis au monde un enfant débile. (Christiane Tremblay-Daviault, Un cinéma orphelin)

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