Hiver bleu, L’ – Film d’André Blanchard

Second long métrage d’André Blanchard, L’hiver bleu est une chronique abitibienne qui présente un instantané de la région, ses difficultés économiques et ses jeunes ne sachant s’ils désirent s’implanter ou aller tenter l’aventure ailleurs.

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Le carton d"ouverture du film Hiver bleu d'André Blanchard

Le carton d »ouverture du film Hiver bleu d’André Blanchard (image extraite du film (capture VHS) – Collection filmsquebec.com – Reproduction interdite sans autorisation)

L’hiver bleu est une chronique réalisée par le cinéaste abitibien André Blanchard, quelques années après un remarqué premier film intitulé Beat. Le fim fait le portrait collectif d’une région reculée en présentant plusieurs séquences prises sur le vif montrant la colère de travailleurs en grève et dresse aussi une touchante histoire individuelle en illustrant le sort de deux soeurs qui s’installent en ville dans l’espoir d’améliorer leur ordinaire. Ces portraits, réels dans le cas des conditions de travail ou presque réels dans le cas des personnages des deux soeurs (car l’imaginaire ici reste très proche d’un réalisme que l’on pourrait qualifier de « perraultien », pour reprendre le nom d’un autre grand illustrateur de la région) permettent à Blanchard de mettre en lumière les dures réalités économiques de la région. Ils lui donnent aussi l’occasion de dresser un constat parfois désabusé sur le gâchis des forces vives en présence (artistiques, communautaires, économiques) et ainsi de livrer un instantané de l’Abitibi, tel quel, au-delà de toute considération partisane.

« J’ai fait deux films en quatre ans. Je commence à travailler dans des choses que je trouve importantes à dire. J’espère ne jamais devenir un cinéaste coupé de la réalité. Je prépare deux autres scénarios. J’entrevois déjà les personnes qui seront dans mes films. Ce ne sont pas des supervedettes. Les supervedettes internationales ne ressentent pas les sentiments que je veux exprimer. J’ai des personnages qu’on n’a jamais vus à l’écran et je pense qu’il est nécessaire de les montrer au public. » (extrait d’un long entretien accordé à Léo Bonneville, Séquences, #99 (1980), p. 4–11.)

Présenté dans plusieurs festivals internationaux, L’hiver bleu avait remporté le Ducat d’or au Festival international de Mannheim dans l’ancienne RFA. Le 27 février 1980, le film remportait le prix du meilleur long métrage québécois de l’année, une distinction remise suite au vote des membres de l’Association québécoise des critiques de cinéma (AQCC). En l’absence du réalisateur, retenu par un tournage dans la région de Rimouski, c’est le monteur, Francis van den Heuvel, qui avait accepté le chèque d’une valeur de 3 000 $ remis à cette occasion.

Autres titres : Hiver bleu (Abitibi 1978) – Titre anglais: Blue Winter

En savoir plus sur le cinéma d’André Blanchard, un texte écrit par Piers Handling disponible sur le site de la Cinémathèque.

Les deux soeurs Christiane et Nicole dans Hiver bleu d'André Blanchard

Les deux soeurs Christiane et Nicole dans Hiver bleu d’André Blanchard (image extraite du film (capture VHS) – Collection filmsquebec.com – Reproduction interdite sans autorisation)

Critiques d’époque

Même si L’Hiver bleu a été réalisé dans un contexte de production extrêmement difficile, à l’image d’ailleurs des conditions économiques de la région du Nord-Ouest, ce long métrage présente de belles qualités : le récit elliptique est souvent bien maîtrisé, la photographie soignée, et certaines séquences sont menées avec justesse fort révélatrice: la scène du repas de famille par exemple et celle où Christiane et Nicole voyage en automobile avec un étranger constituent des moments d’une vérité étonnante. (Richard Guay, Le Devoir, 20 octobre 1979, p.40)


L’Hiver bleu marque une étape importante dans l’évolution d’un cinéma qu’on a qualifié de régional. Régionaliste, ce ciném l’est dans la mesure où il est l’expression vivante et fascinante d’une région qui cherche à briser son isolement. On y trouve quelques-uns des travers propres aux films de jeunes tournés au Québec. Le dialogue a parfois tendance à se substituer à l’action (cela donne pourtant parfois d’heureux résultats comme dans la séquence du dîner familial). L’interprétation reste correcte, le recours à des non professionnels donnant au film une touche réaliste, le privant peut-être du même coup d’un fini, caractéristique hélas courante dans les premiers ou deuxièmes longs métrages de fiction. (Luc Perreault, La Presse, 3 novembre 1979)

Christiane Lévesque et Nicole Scant déambulent dans les rues de Rouyn écrasées par la laideur des bâtisses industrielles dans Hiver bleu d'André Blanchard

Christiane Lévesque et Nicole Scant déambulent dans les rues de Rouyn écrasées par la laideur des bâtisses industrielles dans Hiver bleu d’André Blanchard (image extraite du film (capture VHS) – Collection filmsquebec.com – Reproduction interdite sans autorisation)

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