Patricia et Jean-Baptiste – Film de Jean Pierre Lefebvre

Patricia et Jean-Baptiste est le second long métrage de Jean Pierre Lefebvre, après Le révolutionnaire. Le film, une comédie dramatique en noir et blanc réalisée à l’époque avec moins de 15 000$

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Patricia et Jean-Baptiste est le second long métrage de Jean Pierre Lefebvre, après Le révolutionnaire. Le film, une comédie dramatique en noir et blanc réalisée  à l’époque avec moins de 15 000$, est produit et monté par Marguerite Duparc, épouse de Lefebvre. Il raconte l’impossible histoire d’amour/haine entre un prolétaire québécois et une jeune française un brin tannante.

Un miroir qu’on nous tend

« Patricia et Jean-Baptiste » a été à l’affiche quelques jours cette semaine au cinéma Verdi. Mais ceux qui n’ont pas pu le voir, pourront sûrement se reprendre; en fait, ils devront se reprendre. Le film de Jean-Pierre Lefebvre manque terriblement de qualités – surtout des qualités séduisantes -, mais le thème qu’il aborde avec une franchise brutale, la manière qu’a Lefebvre d’aller jusqu’au bout de sa pensée sont peut-être aussi importants pour notre interminable prise de conscience collective que, par exemple, « les Belles-Soeurs » de Michel Tremblay (qu’on peut voir en ce moment au théâtre à Montréal). C’est l’impuissance chronique du Québécois que l’une et l’autre oeuvre démontrent, et toutes deux le font, d’une certaine manière, dans la douleur: les blagues de Jean-Baptiste, sa fronde ne cachent rien, pas même la désespérante conscience de sa médiocrité, de son impuissance. Tourné à Montréal au moment où se terminaient les préparatifs de l’Expo, et tourné avec des moyens minables, qui font avec notre jouet international un contraste singulier, le film est fait de manière un peu maladroite, agaçante aussi; mais Lefebvre avait pour le tourner un budget ridicule avec lequel il a accompli le miracle de tourner un film. C’est déjà beaucoup. D’autant que celui-là, comme tous les films de Jean-Pierre Lefebvre, porte sa marque et témoigne d’un cinéaste qui, le jour où il en aura les moyens, fera des films dont les qualités techniques seront au niveau de leur contenu.

Texte de René Homier Roy, paru dans Le Petit Journal le 22 septembre 1968, p. 102

Critique d’époque

Patricia, petite Française tout ébahie, fraîchement débarquée de sa France natale, voit en Montréal une ville dynamique, accueillante, où il fait bon vivre. Pour Jean-Baptiste, c’est une ville sale, absurde, où l’on s’écoeure, inhumaine parce qu’il sent qu’on lui a enlevé tout moyen d’y mener une vie d’homme libre, parce qu’il a compris que l’image qu’on cherche à en donner aux yeux de l’étranger ne correspond pas à la réalité dont il a lui-même fait l’expérience. Patricia et Jean-Baptiste, c’est une espèce d’exposition universelle de l’incapacité de vivre du Québécois, contestant l’autre, l’euphorisante.

Texte de Luc Perreault, paru dans La Presse le 14 septembre 1968

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