Ty-Peupe – Film de Fernand Bélanger

Premier long métrage de Fernand Bélanger, Ty-Peupe est une oeuvre indépendante mêlant documentaire et fiction illustrant les désillusions de la jeunesse face à une société qui ne répond pas à leur idéal de vie.

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Image extraite du film Ty-Peupe de Fernand Bélanger - dans la nature en toute liberté

Image extraite du film Ty-Peupe de Fernand Bélanger – dans la nature en toute liberté – (capture VHS – Collection filmsquebec.com – Reproduction interdite sans autorisation)

Ty-Peupe est le premier long métrage écrit et réalisé par le cinéaste et monteur Fernand Bélanger (1943-2006). Tourné à Montréal en 1970, ce film essai fait partie d’un programme de l’ONF intitulé « Premières oeuvres » qui était dirigé par Jean-Pierre Lefebvre et dans lequel on retrouvait également Question de vie d’André Théberge, Ainsi soient-ils d’Yvan Patry ou encore Mon enfance à Montréal de Jean Chabot.

Sans trop s’occuper des formes et des codes du cinéma québécois de son temps, Fernand Bélanger traduisait avec Ty-Peupe l’esprit de liberté qui avait cours parmi la jeunesse hippie. Proches de la nature, animés par des préoccupations humaines, spirituelles et philosophiques, deux chercheurs d’emploi se heurtent aux réalités d’un monde en perpétuel mouvement, mais qui ne semble pas prêt à les accueillir. Avec ironie, Bélanger illustre la réappropriation de l’art par le peuple, en filmant des expositions improvisées dans les espaces publics, et montre des « indiens » tenant un Pow-Wow coloré à deux pas des tours à bureaux du centre-ville. Ce premier long métrage est un instantané qui, aujourd’hui, a autant de valeur comme document d’archives que comme un manifeste personnel prônant une société plus juste, plus ouverte et plus tolérante.

Originaire de Rivière-du-Loup, Fernand Bélanger a étudié en France à l’Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC). Il a été monteur à Radio-Québec où il a acquis une vaste expérience du métier de cinéaste. En 1968, il coréalise avec Louise Dugal un documentaire intitulé Via Borduas (sur la vie de Paul-Émile Borduas) et, avec un groupe d’amis, il produit les courts métrages Initiation et Le sermon sur la montagne. L’année suivante, Bélanger se lance dans la réalisation du court Ti-coeur et de son premier long Ty-Peupe, tous deux produits par l’ONF. Ces derniers lui valurent une bourse de l’Academy of Motion Picture Arts and Science en août 1971.

Projeté en octobre 1971 au Musée des beaux-arts de Montréal, lors de la première édition du Festival International du Cinéma en 16mm (qui peut par certains côtés être assimilé aux origines du Festival du nouveau cinéma), Ty-Peupe semble n’avoir jamais eu de sortie commerciale en salle, mais fut présenté à quelques reprises à la télévision de Radio-Canada dans les années qui suivirent. Le film est aujourd’hui invisible en format cinéma-maison.

Image extraite du film Ty-Peupe de Fernand Bélanger - Les indiens débarquent en ville

Image extraite du film Ty-Peupe de Fernand Bélanger – Les indiens débarquent en ville – (capture VHS – Collection filmsquebec.com – Reproduction interdite sans autorisation)

Critique d’époque

Ce que j’aime dans Ti-Peupe, c’est une chose que j’ai apprise récemment: qu’il ne faut pas, quand on veut retrouver les ancêtres ou leur souffle ou leur continuité ou emballé par les chants indiens ou acadiens ou canayens remonter le cours du temps pour ramasser les moindres miettes de ce qu’ils furent et les resservir mais bien s’asseoir au bord du fleuve et les laisser parler bien librement à travers nous, notre inconscient (collectif) dans notre chant quotidien improvisé. C’est ainsi qu’un soir nous nous sommes mis à chanter et nous avons pensé tout à coup à des bateaux, de voix des morts s’avançant dans l’espace et que nous l’avons fait sous forme de chant, pour ensuite découvrir que c’était là un vieux mythe du bas du fleuve. Et je pense que c’est comme ça que Bélanger a fait Ti-Peupe. Et c’est ça que j’aime dans son film. À un moment donné, il s’y trouve par exemple le flash fantastique d’indiens à cheval qui débouchent de la rue Bleury sur la rue Ste-Catherine sur une lumière rouge. Longtemps après, cette image parle. (Jean Chabot, Cinéma Québec, août-septembre 1971, p.15)

Image extraite du film Ty-Peupe de Fernand Bélanger - la guerre sino-américaine

Image extraite du film Ty-Peupe de Fernand Bélanger – la guerre sino-américaine – (capture VHS – Collection filmsquebec.com – Reproduction interdite sans autorisation)

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