Je suis loin de toi Mignonne – Film de Claude Fournier

Je suis loin de toi Mignonne est une comédie sentimentale réalisée par Claude Fournier qui réunissait pour la première fois au grand écran les comédiennes Dominique Michel et Denise Filiatrault.

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Alors en pleine gloire suite à leur éclatante percée dans le téléroman Moi et l’autre, les comédiennes Dominique Michel et Denise Filiatrault offrirent à Claude Fournier l’idée originale servant de base à la comédie Je suis loin de toi Mignonne qui relate les aventures sentimentales de deux soeurs, jouées par Michel et Filiatrault, en plein durant la Seconde Guerre mondiale.

Sixième long métrage de Claude Fournier, et rare film de fiction à planter son histoire durant la période 39-45, Je suis loin de toi Mignonne eut un succès populaire mitigé dans les salles du Québec. Il faut dire que la piètre qualité de la proposition de Claude Fournier, accusé par plusieurs d’avoir largement privilégié une nudité et une grivoiserie des plus gratuites, lui valut des critiques majoritairement négatives. Le film n’a de ce fait jamais fait sa marque dans la filmographie québécoise d’alors et est rapidement tombé dans l’oubli.

Jamais édité en support DVD, Je suis loin de toi Mignonne est toutefois accessible depuis quelques années grâce à une copie numérisée dans le cadre du projet Éléphant.

Image officielle des comédiennes Dominique Michel et Denise Filiatrault dans le film Je suis loin de toi Mignonne de Claude Fournier (1976)

Dominique Michel et Denise Filiatrault dans le film Je suis loin de toi Mignonne de Claude Fournier (1976) – Source image : filmsquebec.com

Réception critique

Pendant 108 minutes, Fournier se promène allègrement entre la grande et la petite histoire, passant d’un fond de cour de l’est de Montréal à la sacristie d’une de ses grandes églises, d’un alambic perdu en forêt au parvis de l’ancien palais de Justice. Presque sans longueurs, il réussit a faire vivre des personnages qui ont l’air naturels. Comme Rita (Dominique Michel) et Florence (Denise Filiatrault), les deux soeurs qui cherchent à se caser parce qu’autrement, une femme était alors mal vue. Même le « bum » Méo, qui exprime très bien l’idéologie de cette époque. (La Presse, 5 nov. 1976, p.B 7)


Je suis loin de toi Mignonne voudrait être une comédie sentimentale. Mais où est la comédie? Où sont les sentiments? Il se sont probablement perdus dans l’incohérence de l’ensemble, car le film s’en va dans toutes les directions sans en épuiser aucune. Fournier n’a jamais été un bon conteur et il nous prouve encore une fois qu’il n’a aucune idée sur la façon de construire un scénario, de rythmer un récit, de nous attacher à des personnages substantiels, de créer une atmosphère et de construire des gags visuels. (André Leroux, Le Devoir, 13 nov. 1976, p.24) – À noter que Pierre David, producteur et distributeur du film, avait réagi à cette critique avec véhémence dans un courrier également publié dans Le devoir la semaine suivante. Le 27 novembre, dans les colonnes du même journal, André Leroux rétorquait et donnait à Monsieur David une belle leçon de choses en reprécisant de sa plume toujours aussi relevée que la critique n’était pas au service de la commercialisation d’un film.


Le film de Claude Fournier respecte sans doute le côté réaliste de l’époque et du milieu, nous raconte probablement les faits tels qu’ils se sont déroulés (du moins certains d’entre eux), mais le tout est dissimulé, effacé, par la grosse machine-à-farces, la vulgarité des propos (est-elle toujours nécessaire pour nous faire rire ?) et les symboles erotiques d’une grossièreté à hurler. On veut nous faire accroire qu’en ce temps-là, les jeunes filles ne pensaient qu’à une seule chose : « rester cerise ou ne pas rester cerise », fléchissaient très vite sous la patte maladroite d’un mâle en rut, lequel parvenait, entre deux incursions dans leur corsage, à leur susurrer, un cure-dent effectuant un mouvement régulier de va-et-vient entre les lèvres : « Prends pas l’feu, ma belle crotte : j’ai ben des filles à satisfaire ! » Il est vrai que, lorsqu’on s’appelle Claude Fournier, il est difficile de se défaire de certains ingrédients qui avaient fait mouche auparavant (chats bottés, femmes dorées, pommes, queues, pépins, etc). (Maurice Élia, Séquences : La revue de cinéma, n° 87, p. 29-30)


Office des communications sociales (extrait) : Cette vision caricaturale de la vie dans les quartiers populaires pendant la seconde guerre mondiale comporte un bon nombre d’éléments égrillards. – Cote 5

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