Bethune: The Making of a Hero – Film de Phillip Borsos

Réalisé par Phillip Borsos, Bethune: The Making of a Hero restera dans les annales non pas pour sa valeur artistique, mais bien pour les multiples péripéties vécues durant les cinq années de sa production. Le film le plus cher du cinéma canadien à l’époque de sa sortie.

http://www.filmsquebec.com/wp-content/uploads/2008/12/bethune_etoffe-heros_VHS.jpg
Photo du comédien Donald Sutherland dans Bethune: The Making of a Hero de Phillip Borsos (image extraite du film - Collection filmsquebec.com)

Photo du comédien Donald Sutherland dans Bethune: The Making of a Hero de Phillip Borsos (image extraite du film – Collection filmsquebec.com)

Après avoir incarné Norman Bethune, Donald Sutherland retrouve ce personnage plus grand que nature dans Bethune: The Making of a Hero (Bethune – L’étoffe d’un héro en version française), une biographie ambitieuse sur la vie du médecin et activiste politique canadien ayant coûté plus de 17 millions de dollars. La réalisation a été confiée à Phillip Borsos, cinéaste et producteur d’origine Australienne décédé de leucémie en 1995 à l’âge de 41 ans et qui a donné son nom aux Pris Borsos remis chaque année par les jurys du festival du film de Whistler [2].

Bethune ayant principalement œuvré en Espagne et en Chine, où il a acquis le statut de héros national, ce film, distribué l’année du centième anniversaire de naissance de son sujet, fut coproduit par le Québec, la Chine et la France. Bethune: The Making of a Hero est le premier film de fiction canadien à avoir été tourné en Chine.

L’histoire retiendra qu’outre le fait que c’était à l’époque le film le plus cher de l’histoire de notre cinéma, la production fut parsemée de très nombreuses embûches (changements de comédiens, conflits de travail sur le plateau de tournage en Chine), et fut marquée par de vigoureux combats entre l’acteur principal et le réalisateur, entre l’auteur et les producteurs, et entre les producteurs et le réalisateur qui n’eut pas le droit de regard du montage final. Le scénario – qui fut lui aussi sujet à de nombreuses controverses instiguées principalement par Sutherland – avait été écrit en 1942 par Ted Allan (1916-1995), un collègue et ami de Bethune à qui l’on doit aussi le script de Lies My Father Told Me. Le processus de production prit plus de 5 ans, ralenti par de nombreux retards et reports, et même arrêtée dans l’attente de financement additionnel.

Helen Mirren dans Bethune: The Making of a Hero de Phillip Borsos (image extraite du film - Collection filmsquebec.com)

Helen Mirren dans Bethune: The Making of a Hero de Phillip Borsos (image extraite du film – Collection filmsquebec.com)

Ne me rappelez pas ces cinq années de cauchemar! Et maintenant que c’est terminé, ils disent qu’ils n’ont pas filmé mon scénario
-Ted Allan

Et au final, cette biographie coûteuse qui avait permis à Olga Dimitrov de remporter le prix Génie des meilleurs costumes en 1991, n’eut pas les retombées attendues, tant sur le plan festivalier international, sur celui de la réception critique et qui plus est de la satisfaction du public puisque seulement 33 000 spectateurs l’avaient vu en salles au Québec. Pour d’obscures raisons de droits d’auteur, Bethune: The Making of a Hero n’a jamais été édité en format DVD au Québec.

En plus de ce long métrage monté pour le grand écran, il existe une version de deux épisodes de télévision d’une durée totale de 2h48.

[1] : dans Bethune, téléfilm d’Eric Till réalisé en 1977

[2] : nommé pour l’Oscar avec son court documentaire Nails en 1977

[3] : la citation de Ted Allan ci-dessus est extraite d’une entrevue accordée à André Caron dans Séquences #149 (1990): 40–49.

Image de Donald Sutherland et de la jeune Beatrice Home dans Bethune: The Making of a Hero de Phillip Borsos (image extraite du film - Collection filmsquebec.com)

Image de Donald Sutherland et de la jeune Beatrice Home dans Bethune: The Making of a Hero de Phillip Borsos (image extraite du film – Collection filmsquebec.com)

Critiques d’époque

Non pas une épopée du genre Lawrence d’Arabie (heureusement), mais un récit grandiose et superbement mis en images, destiné à nous présenter dans toute sa majestueuse humanité un homme comme les autres. Un film ambitieux certes, que les studios hollywoodiens avaient très astucieusement évité, et qui a donné à ses producteurs (une petite et énergique compagnie canadienne) du fil à retordre sur tous les plans. Mais le résultat est finalement là, sous nos yeux. Et c’est du grand et beau spectacle. (-Maurice Élia, Séquences la revue de cinéma, #149 (1990): 65–74.)

Si ce n’était de Donald Sutherland, le film manquerait décidément de panache. C’est lui qui visiblement le porte à bout de bras du début à la fin. L’acteur canadien est surtout remarquable dans la partie chinoise où il apparaît amaigri et complètement transformé. On dit qu’il s’appliquait à ressembler physiquement à son modèle. Sa performance apparaît comme la seule vraiment bonne surprise du film. (-Luc Perreault, La Presse, 27 août 1990, p. A10)

Image de Donald Sutherland en pleine opération de fortune dans Bethune: The Making of a Hero de Phillip Borsos (image extraite du film - Collection filmsquebec.com)

Image de Donald Sutherland en pleine opération de fortune dans Bethune: The Making of a Hero de Phillip Borsos (image extraite du film – Collection filmsquebec.com)

Qui sommes-nous ?

Né en décembre 2008, Films du Québec est un site d'information indépendant, entièrement dédié au cinéma québécois de fiction. Films du Québec contient les fiches détaillées des films québécois, des actualités, des critiques et des bandes annonces et bien plus.
Création et administration : Charles-Henri Ramond, membre de l'Association québécoise des critiques de cinéma.

Catégories

Archives