Eau chaude, l’eau frette, L’ – Film d’André Forcier

L’eau chaude, l’eau frette est à revoir absolument pour (ré)apprendre le joual et revoir une galerie de comédiens épatants (Jean Lapointe, Jean-Pierre Bergeron, Guy L’Écuyer…).

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Affiche alternative du film L'eau chaude l'eau frette d'André Forcier (1976 - Coll. Cinémathèque québécoise)

Affiche alternative du film L’eau chaude l’eau frette d’André Forcier (1976 – Coll. Cinémathèque québécoise)

L’eau chaude, l’eau frette est le troisième long-métrage de fiction réalisé par André Forcier. Dans cette comédie typique des années 70, un groupe de voisins habitant un immeuble situé dans un quartier populaire de Montréal se réunissent pour fêter Polo, le tenancier.

Et voilà pour L’eau chaude, l’eau frette l’occasion idéale de nous dépeindre une galerie de portraits tous aussi colorés les uns que les autres. De la concierge au poète prétentieux, de la mère à la cuisse légère à la vieille fille légendaire. Dans ce monde d’adultes plus ou moins paumés, l’espoir en des jours meilleurs ne nourrit plus que les enfants et les adolescents.

Le petit monde d’André Forcier se compose de petites gens terre-à-terre qui vivent au jour le jour, célébrant leur joie ou noyant leur peine dans la bière. Ainsi dans L’eau chaude, l’eau frette, l’auteur nous présente-t-il ses personnages s’apprêtant à fêter les quarante ans de Polo. Tous les amis du quartier se retrouvent autour d’une table bien garnie où chacun s’affichera tel qu’il est. Or chez André Forcier, il n’est pas question de psychologie. Les personnages sont des types. Ils sont marqués pour la vie, pourrait-on dire, et on ne trouve aucune évolution en eux. Leurs manières, leur parler, leur éducation même sont fixés une fois pour toutes. Il n’y a pas d’exception. Même pas pour les deux jeunes, Francine et Ti-Guy, déjà figés dans leurs personnages. La ligne générale est simple; l’histoire est banale. Mais les personnages sont colorés et surtout pittoresques! Et c’est sans doute ce côté folklorique, populaire, qui caractérise le mieux L’eau chaude l’eau frette. S’il n’y a pas ici de psychologie, il faut admettre cependant qu’il y a confrontation des personnages qui amène des affrontements dramatiques et des ripostes agressives. Mais tout cela ne parait pas terrible dans un contexte où la jovialité communicative l’emporte sur les gestes violents. Car ce qui donne toute la vitalité au film, c’est le rythme endiablé qui entraîne les personnages dans des situations souvent imprévisibles. [1]

L’eau chaude, l’eau frette eut droit à sa première lors du Festival international de Toronto en octobre 1976 et fut récompensé en 1978 en recevant le Prix de la critique au festival de Chamrousse (France). Le titre anglais est A Pacemaker and a Sidecar

Sorti en France au printemps 1978, le film de Forcier n’eut malheureusement que peu écho, n’attirant que 9 400 spectateurs dans les salles de l’Héxagone.

Voir l’analyse détaillée de ce film sur le site cadrage.net ainsi que l’article du blogue Films Cultes sur le film.

Enfin, signalons que si vous cherchez bien, vous pouvez voir le film dans son intégralité sur une chaîne YouTube dont l’auteur de ce nécessaire partage mentionne très justement qu’il retirera cette version lorsque le film jouira d’une sortie en DVD… Ce qui, si vous voulez mon avis, ne devrait pas être pour demain.

Référence : [1]: Texte de Léo Bonneville - Revue Séquences numéro 85, p. 24

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