L’autre est une comédie noire teintée de fantastique réalisée par Alexandre Franchi, qui signe là son troisième long métrage après The Wild Hunt et Happy Face.
Presque entièrement basé sur une expérience traumatique vécue par Franchi il y a une quinzaine d’années, le film est le deuxième volet d’une trilogie consacrée au cancer, après Happy Face qui relatait le cancer de sa mère. Le troisième opus, pour l’instant intitulé « Petit drôle », est en cours de préparation.
Le scénario, coécrit par le réalisateur et Simon Lavoie, relate le séjour à l’hôpital d’un publicitaire atteint d’un cancer dont la vie bascule après qu’un mystérieux criminel ait été placé dans la même chambre que lui.
Présenté en première mondiale à Toronto et en première québécoise au FNC, L’autre est sorti en salle au Québec le 30 octobre 2026.
À noter qu’il s’agit du dernier rôle tenu par l’acteur québécois Marc Messier, décédé le 7 juillet 2026. Voici ce que le cinéaste dit de sa collaboration avec l’acteur, qui tient ici le rôle du père du patient:
Marc Messier est directement calqué sur mon père à moi, ses paroles sont verbatim celles de mon père. Un être aimant, touchant, mais ne pouvant pas gérer les sentiments que la possible mort de son fils suscite ; alors il commet des gaffes — pathétiques et drôles à la fois. Marc et moi avions de bonnes conversations sur la paternité et je me souviens qu’il craignait que son personnage soit trop méprisable ou paraisse idiot. Je lui ai demandé de me faire confiance, que malgré ses comportements, on comprendrait l’amour du père pour son fils, son humanité. Il a accepté. A la fin du montage, je ne désirais qu’une chose : montrer le film à Marc pour qu’il réalise que j’avais été digne de sa confiance. D’accomplir cette boucle entre créateur et interprète ou tous deux sont fiers de la collaboration. Malheureusement Marc est décédé avant. On m’a dit que ce rôle fut son dernier au cinéma. C’est un privilège d’avoir capté un peu de sa présence, et une peine de ne pas pouvoir la lui montrer. (Alexandre Franchi)
Notes de l’auteur
En 2010, du jour au lendemain, j’ai été diagnostiqué d’un cancer des os très rare. On a dû m’enlever le genou et une partie du tibia. Les médecins ne me donnaient que 50% de chances de survie. J’étais terrassé par la douleur, incapable de me lever, m’évanouissant, mais surtout paralysé par une peur de la mort que je traînais depuis l’enfance, ayant vu ma mère mourir d’un long cancer. Je n’arrivais pas à trouver cette fameuse « résilience » dont tout le monde me parlait. Je voulais sombrer. C’est là qu’on a amené un nouveau voisin de chambre : un jeune homme blessé par balles lors d’une fusillade. Soudain, aux visites des médecins se sont ajoutées celles des policiers. La nuit, des visiteurs étranges venaient lui jurer vengeance. J’ai même réalisé avec effroi que le système informatique avait inversé nos lits. J’étais persuadé que le gang rival viendrait l’achever et se tromperait de cible. Il fallait que je décrisse de là. Ce n’est pas une force intérieure qui m’a permis de sortir de l’hôpital, mais la peur de mon voisin de chambre et de ce qui l’entourait.
On me demande souvent si j’ai exagéré les situations et erreurs médicales du film. Pas du tout. Tout ce que l’on voit m’est arrivé ou arrivé à mon voisin de chambre (sauf que le type à côté de moi blessé aux cuisses par shotgun n’était pas dans le coma). Au montage, nous avons dû couper d’autres erreurs et situations hospitalières kafkaïennes car le film était trop long.
Les notes de l’auteur reproduites ci-dessus sont fournies par Maison 4:3.
Résumé
Frappé par un rare cancer des os avec 50 % de chances de survie, Stan, un publicitaire qui rêve d’écrire des romans d'heroic fantasy gît dans un lit d'hôpital, écrasé par la douleur, la morphine et la peur de la mort. Puis on lui amène Darius — un jeune blessé par balle, supposément dans le coma. Sauf que la nuit, Stan découvre que son nouveau voisin de chambre fait semblant. Menaçant et débordant de vie, Darius n'a aucune intention de laisser Stan tranquille. Ce qui commence comme une guerre des nerfs devient une lutte teintée d'humour noir entre les deux hommes, où Darius force Stan à affronter ses peurs et le fossé grandissant entre les héros qu'il imagine et l'homme qu'il est devenu. (Synopsis officiel)
Distribution
Pierre-Yves Cardinal (Stan), Bilel Chegrani (Darius), Karine Gonthier-Hyndman (Bénédicte), Nahéma Ricci (Fleur), Marc Messier (Richard, père de Stan), Benoit Gouin (Dr. Phaneuf), Maxime Genois (Luigi)
Fiche technique
Genre: comédie noire, fantastique - Origine: Québec, 2026 - Durée: 1h38 - Langue V.O.: Français - Visa: 13 ans et plus - Images: couleurs, format 2.39:1 - Tournage: décembre 2024, janvier 2025, à Montréal - Première: 12 septembre 2026, TIFF - Sortie en salle: 30 octobre 2026 sur 30 écrans au Québec
Réalisation: Alexandre Franchi - Scénario et dialogues: Alexandre Franchi, Simon Lavoie - Production: Ménaïc Raoul, Alexandre Franchi- Société de production: Les Productions Cool Raoul avec la participation financière de Téléfilm Canada, de la SODEC et des crédits d'impôts fédéraux et provinciaux, Post Moderne, Fullum, Suisa, The Gotham, Crave - Distribution: Maison 4:3
Équipe technique - Coiffures: Mathieu Beauséjour - Conception sonore: Ilyaa Ghafouri - Costumes: Gabrielle Tougas-Fréchette - Conception visuelle: Paskale Jobin - Direction de production: Adam-Gabriel Belley-Côté – Distribution des rôles: Nathalie Boutrie & Marilou Richer – Distribution des rôles: Nathalie Boutrie, Marilou Richer - Effets spéciaux maquillages: Bruno Gatien - Effets visuels (supervision): Gregory Kaufman - Maquillages: Djina Caron - Mixage: Hans Laitres - Montage images: Hubert Hayaud - Musique: Gabriel Scotti - Photographie: Steve Asselin - Prise de son: Christian Bouchard
Affichiste : Novar




