Space Cadet est un conte animé réalisé par Kid Koala, alias Eric San, scratch DJ, compositeur de musique de film, producteur de théâtre et artiste visuel basé à Montréal.
Scénarisé par Mylène Chollet, d’après le roman graphique éponyme publié par le réalisateur en 2011, Space Cadet relate l’histoire d’un robot désuet qui tente de trouver un sens à sa vie après que sa protégée, Celeste, une jeune astronaute brillante, se soit envolée pour une mission solo dans l’espace.
Le film a été présenté en première mondiale en février 2025, dans la section Generation Kplus de la Berlinale. Depuis, le film a participé à plusieurs festivals d’importance, dont le Festival international du film d’animation d’Annecy et le Festival international du film de Toronto (TIFF). Au Québec, le film a été présenté en primeur lors de la récente édition du Festival du nouveau cinéma (FNC). Space Cadet sort en salle le 20 février 2026.
Entrevue avec Kid Koala
L’esthétique du roman graphique et celle du film sont assez différentes – pouvez-vous nous parler du style d’animation et expliquer pourquoi vous l’avez choisi pour porter l’histoire à l’écran?
Le roman graphique original était réalisé en noir et blanc sur scratchboard, avec un style de lignes fines en hachures croisées. Au début du développement du film, nous avons fait quelques tests dans ce style; nous nous sommes rapidement rendu compte que c’était trop chargé et distrayant pour l’esthétique visuelle du film. J’ai donc décidé d’inviter Lillian Chan et Corinne Merrell à rejoindre le projet pour s’occuper de la direction artistique. J’avais travaillé avec chacune d’elles sur des films et des productions théâtrales précédentes, et je suis un grand admirateur de leur travail.
On observe une tendance dans les films d’animation, pas uniquement destinés aux jeunes spectateurs, à inviter le public à aborder des thèmes émotionnellement plus complexes. Est-ce votre intention de toucher et de divertir le public tout en le faisant réfléchir profondément?
Très simplement, mon intention en réalisant ce film était d’apporter quelque chose de divertissant et de lumineux dans le monde. Le film aborde des sujets tels que le temps, la mortalité et les cycles des générations. Mais je crois qu’il le fait d’une manière qui célèbre la vie et les souvenirs. Les enfants ont une sensibilité, un intérêt et une intuition innés pour ces notions. Le temps et la mortalité font partie des grands mystères de la vie, des concepts auxquels chacun doit tôt ou tard se confronter. Qui sait? Peut-être que ce film pourrait servir d’outil pour amorcer une discussion sur ce sujet avec de jeunes spectateurs. J’ai écrit le livre à une période de ma vie où j’essayais de surmonter la perte de ma grand-mère tout en anticipant l’arrivée de ma première fille. C’était un moment très existentiel pour moi, où je réfléchissais au concept du temps et à ma propre mortalité. Je me remémorais le passé tout en étant assez nerveux pour l’avenir. Le livre Space Cadet parle du cycle des générations. C’est une histoire très personnelle, enveloppée dans une aventure spatiale fantastique et imaginaire. Créer le roman graphique m’a aidé à faire face à la perte de ma grand-mère et à me préparer à devenir parent.
Le film se passe de dialogues, la parole n’y est présente qu’à travers des chansons. Ce n’est ni un film muet ni une comédie musicale. Parleznous de l’importance du langage – ou de son absence – dans votre film.
Je me souviens qu’à l’âge d’environ 7 ans, j’ai regardé Les Temps modernes de Charlie Chaplin avec mes parents et ma grand-mère. C’est un souvenir rare et précieux de mon enfance, car c’était l’une des seules fois où je me rappelle que trois générations de ma famille étaient réunies, captivées et appréciant le même film ensemble. Je n’avais jamais entendu ma grand-mère rire autant. C’est un souvenir joyeux qui m’a profondément marqué. J’ai su, en grandissant, que je voulais créer ce même type d’émotion chez les gens. J’ai compris très jeune qu’il était possible de réaliser des oeuvres très marquantes sans dialogues.
Les questions et réponses ci-dessus sont extraites du dossier de presse de Space Cadet, fourni par Les Films Opale/Entract.
Résumé
Robot a passé la majeure partie de sa vie aux côtés de Céleste, une fillette débrouillarde, orpheline depuis le décès de sa mère, astronaute. Il s’est occupé d’elle avec dévouement, et au fil des années, elle est devenue une brillante scientifique. Mais la vie les sépare : Céleste s’envole pour sa première mission spatiale en solo. Tandis qu’elle affronte des dangers inattendus dans l’espace, le fidèle robot, dont la conception est désormais dépassée, commence à ressentir le poids des ans. Avant qu'il ne soit trop tard, il doit trier ses souvenirs et libérer de la place dans sa mémoire.
©Charles-Henri Ramond
Distribution
Sans objetFiche technique
Genre: conte animé - Origine: Québec, 2025 - Durée: 1h26 - Langue V.O.: sans dialogue - Visa: général - Première en salle: 16 février 2025, Berlin - Date de sortie: 20 février 2026
Réalisation: Kid Koala (Eric San) - Scénario et dialogues: Mylène Chollet, d’après le roman graphique de Kid Koala - Productrices: Ginette Petit, Nathalie Bissonnette - Producteurs exécutifs: Nathalie Bissonnette, Ginette Petit, Michel Pradier - Société de production: Les Films Outsiders avec la participation financière de Téléfilm Canada et de la SODEC - Distribution: Les Films Opale/Entract
Équipe technique - conception de l’esthétique et cheffe de l’histoire: Lillian Chan - Direction artistique: Corinne Merrell - Arrangements des cordes et orchestration: Vid Cousins - Son: Olivier Calvert, Lise Wedlock, Gavin Fernandes - Montage: Alain Baril, Corinne Merrell - Studio d’animation: Studio Singing Frog - Direction du studio d’animation: François Vachon - Direction de production: Léa Nivet - Supervision CG: François Beaudry
Chansons originales: Karen O, Mariana "Ladybug" Vieira, Kid Koala - Chansons non originales interprétées par: Emilíana Torrini, Martha Wainwright, Meaghan Smith, Trixie Whitley




