Leçons de psychotronique selon Fantasia

Retour sur le second programme de courts métrages de notre couverture Fantasia 2017, celui concernant les œuvres classées sous l’appellation « Psychotronique », plus facilement définissable ici par bizarroïde.

Retour sur le second programme de courts métrages de notre couverture Fantasia 2017, celui concernant les œuvres classées sous l’appellation « Psychotronique », plus facilement définissable ici par bizarroïde. Au menu, quatorze films de valeur assez inégale, dont plusieurs justifient pleinement l’étiquette qui leur a été accolée, dont entre autre l’hilarant Pâté chinois mit Käse de Jean-Loup Pinard, qui nous propose une dégustation, que dis-je une orgie, du célèbre met québécois, ici baffré par trois cobayes à pleine poignée… et avec du Vivaldi en trame sonore et des gros plans de bouches et de mâchoires en action. C’est ça le psychotronique. Sur un ton tout aussi étrange mais un peu, à peine, plus sérieux, deux films se démarquent nettement par leurs qualités artistiques et narratives.

Image extraite du court métrage Gris turquoise de Hugo Belhassen (source: Festival Fantasia)

Image extraite du court métrage Gris turquoise de Hugo Belhassen (source: Festival Fantasia)

Gris turquoise (réal. Hugo Belhassen  – prod. Métis Films) – Marjo et Kev sont les deux meilleurs amis du monde… jusqu’au jour où il décide de la quitter pour s’installer sur la Rive-Sud, dans un vulgaire pavillon de banlieue. Elle le remplace par un teckel volé à un passant. Crise identitaire de la trentaine et solitude pour elle (Tiphaine Dereyer), rêve doré de la vie de banlieue avec ses promesses alléchantes pour lui (David Noël) sont au menu de cette sympathique courte vue qui en dit long avec un ton décalé comme on les aime. Et en prime un générique final chanté du plus bel effet. (3/5)

La peau sauvage (réal. Ariane Louis-Seize – prod. Art & Essai) –une jeune femme recluse dans son appartement accueille un serpent tout droit sorti des conduites de ventilation. Cette arrivée inopinée aura des conséquences (impressionnantes et impressionnistes) sur elle et son environnement – La comédienne Marylin Castonguay prête ses traits à cette urbaine solitaire qui se transforme progressivement au contact de cette bête à « peau sauvage » et qui finit par se réapproprier en toute para-normalité les instincts primitifs d’une nature refoulée. Primé au défunt programme « Cours écrire ton court » de la SODEC et remarqué dans plusieurs festivals l’an dernier, dont le TIFF, ce premier film surréaliste se distingue par la construction adroite de cette métamorphose intime et par sa grande maîtrise technique et narrative. Basé sur le recueil de nouvelles « Les enfants moroses » de Fannie Loiselle. (4/5)

La semaine prochaine, nous nous plongerons dans le programme « science-fiction » (projection le vendredi 28 juillet à 19h).

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