Ange de goudron, L’ – Film de Denis Chouinard

Second film du cinéaste Denis Chouinard, L’ange de goudron constitue l’une des très rares incursions de la fiction québécoise dans un sujet traitant de l’immigration.

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Image des comédiens Zinedine Soualem et Catherine Trudeau dans L'ange de goudron (Denis Chouinard, 2001 - Alliance Vivafilm)

Zinedine Soualem et Catherine Trudeau dans L’ange de goudron (Denis Chouinard, 2001 – Alliance Vivafilm)

L’ange de goudron est le deuxième long métrage de Denis Chouinard après Clandestins réalisé en 1997 et récipiendaire de très nombreux prix dans le monde. Ces deux films ont en commun le thème central de l’immigration, un sujet sensible dont Chouinard s’est fait l’apôtre et qui reste quasiment ignoré dans la cinématographie québécoise.

Présentation du film par son réalisateur [1]: Avec L’Ange de goudron, j’ai voulu montrer le courage et la situation précaire dans laquelle vivent ces familles qui quittent tout pour venir tenter leur chance auprès de nous. Au départ, je souhaitais donner suite à mon film précédent, Clandestins, qui traitait du sort des passagers clandestins cachés à bord des cargos en partance vers les pays du monde  » privilégié « . Je voulais saisir les premiers pas – fragiles – qu’ils posent dans leur nouvelle contrée d’adoption et aussi montrer la force tranquille et l’abnégation de ces gens de l’ombre qui marchent sur les trottoirs, à nos côtés, et dont nous ne savons rien.

J’ai choisi de bâtir le film sur des contrastes, afin de démontrer l’immense clivage qui doit nécessairement s’opérer au sein de la famille Kasmi avant qu’elle ne puisse s’intégrer à un univers aussi différent que celui du Québec par rapport à leur Algérie natale. C’est aussi dans cet esprit que j’ai décidé de tourner en hiver, dans ces grands paysages blancs, cette poésie des grands espaces, notre désert à nous!

Q : Avec ce second long métrage qui fait suite à Clandestins, vous abordez à nouveau des sujets issus du contexte social: militantisme débouchant sur l’action directe, sort des immigrants, appartenance identitaire, inégalités sociales. Est-ce un film  » politisé « ?

R : L’ange de goudron est bien ancré dans le réel. Il est donc politisé dans la mesure ou le réel est politique, qu’on le veuille ou pas. Je crois que les cinéastes ont un devoir – tout comme les autres créateurs – de rendre compte de la réalité qu’ils perçoivent. En effet, le cinéaste ne vit pas à côté de la société, il vit dedans. J’ai essayé avec L’Ange de goudron de m’appuyer le plus possible sur les ressorts dramatiques de l’intrigue. Le film est construit sur des faits crédibles et réalistes, mais c’est bel et bien une aventure humaine à laquelle les spectateurs sont conviés, et non pas à une leçon de politique pamphlétaire !

Présenté en ouverture du Festival des Films du Monde de Montréal de 2001, L’ange de goudron obtint le Prix du meilleur long métrage canadien ainsi que le Prix du Public. Il a en outre remporté le Prix du jury oecuménique au Festival de Berlin 2002.

À noter qu’il s’agit du seul film québécois de l’acteur français Zinedine Soualem, habitué des films de Cédric Klapisch (entre autres Le péril jeune, Un air de famille et L’auberge espagnole).

La version anglaise du film de Chouinard se nomme Tar Angel.

Référence : [1] - extrait de l'entrevue du dossier de presse

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