Vic + Flo ont vu un ours – Film de Denis Côté

Après le succès critique reçu par Curlin en 2010, Denis Côté retrouve le chemin des festivals avec ce Vic + Flo ont vu un ours, une très attendue coproduction avec la France.

http://www.filmsquebec.com/wp-content/uploads/2013/08/vic-et-flo-ont-vu-un-ours_internationale.jpg

Lien YouTube : http://youtu.be/watch?v=aejSZT890wA

Vic et Flo ont vu un ours est le septième long métrage écrit et réalisé par Denis Côté en autant d’années. Le film débuté sa carrière internationale en compétition officielle lors du 63e Festival international du film de Berlin, en février 2013. Il y a remporté l’Ours d’Argent – Prix Alfred Bauer, récompensant un film ouvrant sur de nouvelles perspectives. Vic et Flo ont vu un ours a déjà été vendu à plusieurs distributeurs en Europe, au Brésil et aux USA, confirmant la percée internationale des films de Côté, trois ans après le succès de Curling. En France, le film sort le 4 septembre 2013, soit durant la même semaine qu’au Québec.

Mot du réalisateur

Affiche française du film de denis Côté Vic + Flo ont vu un ours

Affiche française du film de Denis Côté, Vic + Flo ont vu un ours (© UFO Distribution)

Ce qui suit est un extrait de l’entrevue non signée disponible dans le dossier de presse français du film.

VIC+FLO ONT VU UN OURS est votre 7e long métrage, le troisième seulement après « Elle veut le chaos » (2008) et « Curling » (2010) à ne pas comporter d’éléments de cinéma-vérité. Comment abordez-vous aujourd’hui votre travail sur le cinéma de fiction ‘pure’?

J’ai voulu me confronter à moi-même et au réel lors du tournage de « Carcasses » ou « Bestiaire », mais je ressens aussi le besoin d’écrire des histoires plus ambitieuses, ou encore susciter des émotions plus précises. Je ne veux pas toujours dépendre de moi-même. Je désire aussi bénéficier de la contribution du travail d’acteurs et de collaborateurs. J’ai besoin des deux dynamiques de production, de deux niveaux différents de difficulté et/ou d’opportunités.

VIC+FLO ONT VU UN OURS accorde une large place aux personnages et aux dialogues. Quelle était l’ambition dramatique ou narrative à l’origine du projet?

L’art du dialogue m’intéresse davantage qu’auparavant. C’est très difficile d’écrire de bons dialogues. Il y avait cette intention dès le début du projet. L’autre défi, c’était d’écrire pour des femmes. Je ne l’ai pas fait souvent et ça m’a angoissé. Je ne sais pas si j’ai réussi. Enfin, je crois que j’ai retrouvé malgré moi des ingrédients d’« Elle veut le chaos », « Curling » ou « Carcasses »: des personnages farouches qui essaient de vivre à côté du monde; qui ont la conviction que la société n’arrivera jamais à satisfaire leurs besoins intimes, sociaux, professionnels, spirituels… Ils sont là, hésitants ou en transition, à bonne distance des conventions du monde. J’ai abandonné l’idée de me réinventer. Nous faisons toujours le même film. Il faut développer un certain flair pour varier les histoires, les perspectives, la qualité des émotions et des destins de nos personnages. Il faut apprendre des erreurs passées, labourer de façon nouvelle un terrain que l’on connait davantage de film en film. Pour VIC+FLO ONT VU UN OURS, je voulais que les personnages avancent tête première vers quelque chose d’inexorable. On croit d’abord avoir affaire à une histoire de moeurs où l’on aime ou résiste à des personnages juste assez colorés. On les accompagne au gré de leurs aspirations incertaines, puis bang: une force centrifuge emporte l’histoire vers un dénouement inattendu, entre le tragicomique et le grotesque.

Pierrette Robitaille, l’une des interprètes principales du film, est bien connue au Québec pour sa participation à de nombreuses comédies. Dans VIC+FLO ONT VU UN OURS, elle hérite d’un rôle plus hostile. Comment est-elle devenue Victoria?

Je déteste avoir l’impression d’être allé vers des choix trop évidents ou trop confortable. Du début à la fin du projet, je me suis demandé : « Pourquoi elle, pourquoi elle? ». Les spectateurs québécois se poseront probablement la même question : « Pourquoi elle, pourquoi elle? » Dans VIC+FLO ONT VU UN OURS, Pierrette Robitaille, c’est celle qui n’aurait pas dû être là. Au final, et peut-être à cause de cetteimprobabilité, elle s’impose de façon magistrale et son jeu est formidable. Aller à l’encontre de l’évidence des choses peut être un puissant moteur créatif.

Qui sommes-nous ?

Né en décembre 2008, Films du Québec est un site d'information indépendant, entièrement dédié au cinéma québécois de fiction. Films du Québec contient les fiches détaillées des films québécois, des actualités, des critiques et des bandes annonces et bien plus.
Création et administration : Charles-Henri Ramond, membre de l'Association québécoise des critiques de cinéma.

Catégories

Archives