Y’a pas d’mal à se faire du bien – Film de Claude Mulot

En général, et bien souvent dans le cas de la comédie, l’importance et la renommée de la distribution ne sont pas forcément les garants d’une oeuvre de haute qualité. C’est particulièrement le cas ici.

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Jean Lefebvre et Françoise Lemieux dans Y'a pas d'mal à se faire du bien

Jean Lefebvre et Françoise Lemieux dans Y’a pas d’mal à se faire du bien de Claude Mulot (capture écran coll. filmsquebec.com)

En général, et bien souvent dans le cas de la comédie, l’importance et la renommée de la distribution ne sont pas forcément les garants d’une œuvre de haute qualité. La preuve est faite avec ce Y’a pas d’mal à se faire du bien qui réunissait le gratin des bottins d’artistes français tels que Jean Lefebvre, Michel Galabru, Daniel Ceccaldi, Darry Cowl ou encore Christine Fabrega. Les spectateurs québécois n’étaient pas en reste avec la présence de nombreuses vedettes du petit et du grand écran, tel que Danielle Ouimet, René Caron ou même Réal Béland et Paul Berval.

Connue dans l’Hexagone sous le titre C’est jeune et ça sait tout, cette comédie grivoise nous réchauffe un scénario peu original, composé de plusieurs idées prises à droite à gauche. On y retrouve des allusions à Deux femmes en or (la banlieue triste, les femmes au foyer qui s’offrent au premier venu), on y découvre aussi un clin d’oeil au Triporteur de Darry Cowl, qui tient ici le rôle d’un livreur de dépanneur harcelé par la gent féminine.

Jean Lefebvre et Andrée Cousineau dans Y'a pas d'mal à se faire du bien

Jean Lefebvre et Andrée Cousineau dans Y’a pas d’mal à se faire du bien de Claude Mulot (capture écran coll. filmsquebec.com)

Pour le reste, cette insipide comédie de fesses s’inspire évidemment de la libération des mœurs en vogue dans les années 70, et se moque allègrement de la police (Galabru, un flic de la brigade de la moralité qui pratique l’échangisme), de la religion (les prostituées déguisées en innocentes Jeannettes dans la scène finale), des Français (tous équipés d’une Renault 15 orange ou bleue) et des hommes d’affaires. En outre, et comme dans la majorité de ces productions faussement licencieuses, le film offre une conclusion tout ce qu’il y a de plus recommandable en évoquant le retour au couple hétérosexuel attaché aux valeurs de la fidélité conjugale. Rien de bien mordant en somme.

Nous sommes les tupamaros de la fidélité conjugale – Monsieur Lebrun

À signaler qu’au tout début du film, une scène montre le couple Lebrun (Jean Lefebvre, Françoise Lemieux), regarder un reportage diffusé sur Radio-Canada traitant de la sexualité chez les (très) jeunes enfants. M. Lebrun est scandalisé de cet infâme spectacle « subventionné avec nos taxes » et jure de se plaindre auprès du diffuseur. Lorsque l’on sait que Y’a pas d’mal à se faire du bien fut coproduit et distribué en salles par la chaîne de télévision privée CFCM (devenue Télé-Capitale en cette même année 1974), cette pique envers la télé d’état prend tout son sens.

Ce nanar réalisé par le français Claude Mulot, le chantre du porno des années 70, possède à son générique la chanson interprétée par Johnny Hallyday Les grands enfants, écrite par Eddie Vartan spécialement pour le film et qui est demeurée inédite sur disque pendant plus de 20 ans.

Autre titre: L’éducatrice (titre de travail).

Jean Lefebvre et Daniel Ceccaldi dans Y'a pas d'mal à se faire du bien

Jean Lefebvre et Daniel Ceccaldi dans Y’a pas d’mal à se faire du bien de Claude Mulot (capture écran coll. filmsquebec.com)

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