Pauline Julien : femme pays est un drame biographique réalisé par Anaïs Barbeau-Lavalette, qui signe là son cinquième long métrage de fiction, après Le ring (2007), Inch’Allah (2012), La déesse des mouches à feu (2020) et Chien Blanc (2022)
Coécrit par la cinéaste et par la comédienne, autrice et metteure en scène Véronique Côté, le film se veut un portrait éclaté et parcellaire de la vie de la chanteuse Pauline Julien (1928-1998), incarnée par Suzanne Clément. Au coeur du récit, les moments marquants de sa carrière artistique – notamment sa complicité avec la Française Anne Sylvestre – et de son engagement, mené pendant plus de 30 ans aux côtés de l’écrivain et homme politique québécois Gérald Godin, à qui Patrice Dubois (Vampire humaniste cherche suicidaire consentant, L’ouragan FYT) prête ses traits.
Pauline Julien : femme pays (Pauline Julien: A Woman, a Country en version sous-titrée anglais) sort en salle au Québec le 25 septembre 2026.
Entrevue avec la réalisatrice
Pauline Julien fait partie des grandes figures féminines québécoises, pourquoi elle?
C’est celle qui m’inspire le plus Sa fabrique intime résonne profondément en moi, dans sa conception de la liberté: impolie, viscérale, sa fougue, sa façon d’assumer sa vivacité, ses imperfections, ne pas s’en excuser. Son authenticité est émouvante. La femme qui prend position, la femme de parole, l’amoureuse et sa façon de vivre son amour avec Gérald Godin, sa façon de prendre des risques, sa façon d’être une mère, tout ça me parle de façon profonde.
Quand on réalise un film sur quelqu’un d’aussi archivé, comment choisit-on ce qu’on veut montrer?
En abordant l’écriture avec Véronique Côté, on ne voulait pas faire un film où tu vas taper le nom de l’artiste pour connaître sa vie de sa naissance à sa mort. Ces films-là, je les trouve lisses. L’info est déjà là. Le très beau documentaire de Pascale Ferland existe, Je ne voulais pas refaire ça. Dans la forme, j’avais envie d’être aussi libre, punk et fougueuse que Pauline l’était. Je savais que la mère et la femme m’intéressaient autant que la chanteuse. Je voulais que les chansons aient une résonance avec sa vie, avec ses amours. Une femme qui se bat pour préserver la puissance de la parole, de ses mots alors que son territoire fait la même bataille, je trouve ça puissant.
Tu as bénéficié de la collaboration des enfants de Pauline Julien. La relation de Pauline à ses enfants était complexe?
Oui, mais il y avait aussi d’autres personnes que je n’ai pas mises dans le film. L’adaptation est librement inspirée de sa vie. L’histoire est belle : quand j’étais petite, mes parents louaient la maison de Pauline Julien et Gérald Godin. Je me cachais dans son coffre, il y avait les lettres de Pauline! La vraie tombe de Gérald et Pauline…. C’est là qu’elle écrivait et où je me cachais quand j’étais petite. Pauline était très amie avec mon grand-père Marcel. La fabrique de ce film a donc été très intime. Quand on a demandé à Pascale et Nicolas, ses enfants, si je pouvais faire un film sur Pauline, je suis allée dans cette maison que je connais par cœur, où Pascale habite maintenant. Elle et Nicolas nous ont vraiment donné carte blanche.
Tu montres Pauline Julien et Gérald Godin malades, et les capacités qui se perdent. Que voulais-tu aller chercher en montrant cette vulnérabilité?
C’est réel. Pauline a eu ce diagnostic d’aphasie dégénérative, qui a duré 10 ans avant qu’elle ne décide d’interrompre elle-même sa vie. On a consulté beaucoup d’experts en aphasie, d’orthophoniste, d’experts du cerveau. Sa famille nous a dit qu’elle avait refusé le diagnostic. Elle a vu plein de médecins. Elle ne voulait rien savoir. Il fallait camper les mots qui fuient mais pas de façon radicale. Elle a refusé de s’enlever la vie avant que Gérald ne soit parti pour s’occuper de lui avant de choisir son propre départ. Perdre les mots pour une femme de parole… Pour ce type de tête-là… sans les mots, on meurt, comme elle le dit à un journaliste, en parlant du pays… c’était la même chose pour elle.
Extrait de l’entrevue avec Anaïs Barbeau-Lavalette réalisée par Ariane Cipriani, disponible dans le dossier de presse du film fourni par Axia Films.
Résumé
Le bonheur avec Gérald, les amis, le monde de la scène. La liberté d'écrire, de chanter et de clamer haut et fort son attachement au mouvement souverainiste. Mais aussi, les tournées répétées et les absences douloureuses. Puis, l'annonce d'une maladie incurable qui la privera de la parole. Pauline Julien en quelques instants volés.
©Charles-Henri Ramond
Distribution
Suzanne Clément (Pauline Julien), Patrice Dubois (Gérald Godin), Alexa-Jeanne Dubé (Pascale adulte), Steve Gagnon (Nicolas adulte), Violette Chauveau (Anne Sylvestre), Mishka Madeleine Cloutier (Pascale 11 ans), Alfred Ruelland (Nicolas 9 ans), Marcelle Boileau (Pascale 3 ans)
Fiche technique
Genre: drame biographique - Origine: Québec, 2026 - Durée: 1h50 - Langue V.O.: Français - Visa: général - Images: couleurs - Tournage: du 16 octobre au 28 novembre 2025, dans les Cantons-de-l’Est et dans la grande région de Montréal - Budget approximatif: > 3.5 M$ - Première: 21 septembre 2026, Monument National - Sortie en salle: 25 septembre 2026 sur 55 écrans
Réalisation: Anaïs Barbeau-Lavalette - Scénario et dialogues: Anaïs Barbeau-Lavalette, Véronique Côté - Production: Étienne Hansez - Productrices déléguées: Félize Frappier, Mélanie Gauthier - Société de production: Bravo Charlie, avec le soutien financier de la SODEC, de Téléfilm Canada et des crédits d'impôts fédéraux et provinciaux et avec la collaboration de Radio-Canada et Crave - Distribution: Axia Films
Équipe technique - Coiffures: France Latreille - Conception visuelle: Mathieu Lemay - Costumes: Sophie Lefebvre - Effets visuels: Olivier Masson - Maquillages: Kathryn Casault - Montage images: Stéphane Lafleur – Musique: Émile Proulx-Cloutier, Guido Del Fabbro - Direction photo: Jonathan Decoste - Son: Pablo Villegas, Stephen De Oliveira, Sylvain Bellemare, Bernard Gariépy Strobl




