Black Mirror – Film de Pierre-Alain Jolivet

Librement adapté de la pièce Haute surveillance de l’auteur et ex-forçat français Jean Genêt, Black Mirror est un drame carcéral angloquébécois présenté en première mondiale au FFM en 1981.

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Lenore Zann (c.), Louise Marleau (g.) et Alberta Watson (d.) dans Black Mirror de Pierre-Alain Jolivet

Lenore Zann (c.), Louise Marleau (g.) et Alberta Watson (d.) dans Black Mirror (Haute surveillance) de Pierre-Alain Jolivet (image coll. Cinémathèque québécoise)

Drôle de projet que ce Black Mirror, un long métrage coproduit par le Québec et la France présenté en première mondiale lors du Festival des films du monde de Montréal (FFM) en 1981 et dont le scénario s’inspire librement de la pièce Haute surveillance écrite en 1939 par l’auteur et ex-forçat français Jean Genêt.

Réalisé par Pierre-Alain Jolivet, cinéaste aux univers scabreux et violents auteur en 1973 du culte érotique La punititon, le film relate l’histoire d’une jeune prisonnière forcée de commettre un crime par ses compagnes de cellule. Or une femme qui vient de tuer son enfant ne tarde pas à les rejoindre. Dans le but de représenter une métaphore de l’enfermement dans lequel se trouve les femmes dans la vie quotidienne, les scénaristes ont transposé l’univers carcéral masculin de la pièce originale dans une prison de femmes. Le film a été tourné dans l’ancienne prison des Plaines d’Abraham, à Québec.

« On a tous sa propre prison dans la tète, et la société a construit aux femmes des barreaux peut-être encore plus solides qu’a quiconque. » [1]

Au Québec, la version originale anglaise d’une durée de 1h55 n’a jamais été exploitée, en dehors de sa présentation au FFM. Seule la version française, intitulée Haute surveillance comme la pièce originale, a eu droit à une sortie en salle, pràs de trois ans après le tournage. Amputée de près de trente minutes, cette version commerciale a par la suite été reniée par le réalisateur, à qui on avait refusé tout droit de regard sur le montage final [2]. Au Québec, la carrière de Black Mirror a été des plus brèves, tandis qu’il m’a été impossible de trouver trace d’une probable sortie française, sûrement très limitée. Inutile de préciser qu’en l’absence de distribution en VHS ou en DVD, cet étrange téléthéâtre doit avoir totalement disparu de la circulation aujourd’hui.

« Ni moi, ni Genet, ne croyons à l’importance de ce qu’on dit dans un film. L’essentiel est de provoquer un choc philosophique, émotionnel et politique à partir duquel naissent des images. La prison ici n’est que symbolique. Elle n’est là que pour représenter la prison que nous avons tous en nous-mêmes, les limites que nous n’osons pas transgresser dans nos activités intellectuelles, spirituelles et politiques. » [3]

Critique d’époque

Cette histoire, devenue très floue, se déroule un peu comme un rêve dans une prison de femmes. Une prison stylisée et poétique, avec une belle gardienne en robe du soir qui aime la musique d’atmosphère. Les filles sont belles, discrètement maquillées, et portent des uniformes courts qui découvrent avec art l’épaule ou la cuisse. La lumière est irréelle, les couleurs pastel. (Richard Guay, Francine Laudendeau, Le Devoir, 26 août 1981, p. 8)

[1] – Source: Entrevue accordée à Louis-Guy Lemieux, Le Soleil, 25 novembre 1980, p. D2

[2] – Source: La Presse, 11 mars 1983, p. B 6

[2] – Source: Entrevue accordée à Julie Stanton, Le Devoir, samedi 6 décembre 1980, p. 40

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