Bruit des moteurs, Le – Film de Philippe Grégoire

Premier long métrage atypique et prometteur, au carrefour du réalisme et du fantastique.

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Le bruit des moteurs (The Noise of Engines en version sous-titrée anglais) est une comédie dramatique écrite et réalisée par Philippe Grégoire. Le film relate l’histoire d’un instructeur en armement mis à pied par son employeur pour sexualité compulsive. Rentré chez lui, il se retrouve mêlé à une affaire de dessins sexuellement explicites qui perturbent le village où il habite avec sa mère, gérante d’une piste d’accélération. Ce premier long métrage atypique et prometteur ancre ses thèmes universels (identité, perte de repères, place dans la société…) dans le terroir québécois. Le ton tragi-comique et l’univers surréaliste nous rapproche des oeuvres de Denis Côté, Stéphane Lafleur, Ian Lagarde et quelques autres cinéastes ayant eux-aussi testé la porosité de la frontière séparant réalisme et fantastique.

Philippe Grégoire détient un baccalauréat en études cinématographiques et littérature comparée de l’Université de Montréal et une maîtrise en Communication de l’UQAM au profil recherche-création en média expérimental. Il est également diplômé de L’inis en scénarisation. Ses courts métrages Un seul homme, Aquarium et Bip Bip ont été présentés dans plus de 110 festivals de films et dans une vingtaine de pays à travers le monde.

Présenté en première mondiale au Festival international du film de San Sebastian, Le bruit des moteurs a été projeté durant l’automne dans plusieurs festivals nationaux et internationaux, dont le Festival du nouveau cinéma (FNC), lors duquel il avait remporté le Prix du meilleur espoir de la compétition nationale. Le film s’est distingué en mettant la main sur le Prix Premio Competencia à Los Cabos au Mexique et le Prix spécial du jury international à La Roche-sur-Yon en France. La sortie en salle est prévue pour le 25 février 2022.

Entrevue avec le réalisateur

Le film aborde votre passé d’agent étudiant à la douane canadienne. Pourquoi était-ce important pour vous d’en parler?

Le bruit des moteurs est mon premier long métrage et pour cette raison il m’apparaissait important d’aborder ce début avec un geste d’humilité. J’aurais aimé être un jeune cinéaste bourré de talent qui aurait enchaîné les courts métrages à succès, mais ce n’est pas ce qui m’est arrivé. Je suis fils de commerçants et j’ai grandi dans une région agricole du Québec située à une vingtaine de kilomètres de la frontière canado-américaine. C’est en accomplissant le travail d’agent de douane à temps partiel à la frontière terrestre que j’ai pu payer mes études de cinéma et économiser assez d’argent pour financer mes courts métrages. Je n’aimais pas ce travail à la douane et c’est une partie de ma vie que j’ai longtemps cachée à mes collègues de cinéma. Le Douanier Rousseau est certainement le plus connu des artistes douaniers, mais les agents de douane qui mènent une carrière d’artiste en parallèle au travail d’agent de douane sont assez inhabituels. En toute humilité, ce film me permet de faire la lumière sur une partie de ma vie que j’avais cherché à renier.

Pourquoi avez-vous choisi de braquer votre caméra en zone rurale et filmer l’entièreté du film en-dehors des milieux urbains?

J’ai habité un village agricole de ma plus tendre enfance jusqu’à la toute fin de mes études au baccalauréat et c’est à cet endroit que j’y ai tourné l’ensemble de mes courts métrages. Au départ, ça avait été le fruit du hasard parce que c’était là les lieux que je connaissais et les histoires que je voulais raconter existaient à cet endroit. J’avais ensuite observé que j’étais l’un des seuls à tourner des courts métrages de fiction en dehors des zones urbaines. Ça m’avait amené à comprendre que j’avais la responsabilité de porter mon village à l’écran sans quoi ces paysages n’allaient jamais se faire voir au cinéma. Dans la conscience collective, cet endroit où j’ai grandi existe uniquement pour sa piste d’accélération. Trop loin de la Rive-Sud montréalaise pour en faire partie, mais trop proche de la métropole pour s’affranchir en tant que région, mon village appartenait vraisemblablement à une forme de No man’s land. Avec Le bruit des moteurs j’ai une fois de plus braqué ma caméra sur les miens, mais à la différence que cette fois j’étais conscient de toute l’importance de mon geste parce que j’avais la responsabilité de faire la lumière sur ceux au milieu du peloton qui, bien souvent, passent inaperçu aux yeux du grand public.

De quelle façon votre cinéphilie s’est-elle manifestée dans la réalisation du film?

À titre de cinéphile, je me sais constamment à la recherche de propositions originales. C’est la raison pour laquelle avec Le bruit des moteurs j’ai consciemment choisi de m’extirper des sentiers battus avec pour but de m’exposer à des avenues qui m’aurait été inaccessible sans cet effort. C’est d’ailleurs ce que j’avais fait dès l’écriture du scénario où j’avais choisi d’ouvrir le film avec le personnage de Laura avant de la faire complètement disparaître et poursuivre la narration avec le personnage d’Alexandre. Cette façon soudaine de faire chavirer le récit du film en début de parcours n’était pas celle encouragée par les grands auteurs sur la scénarisation et ça risquait de déplaire à un certain nombre de spectateurs. Ce goût pour le risque s’était aussi fait sentir au moment du tournage où j’avais priorisé l’utilisation de plans large pour couvrir des longues scènes de dialogues entre deux personnages. Je me souviens que la durée des plans et l’absence de découpage en avaient fait sourciller plus d’un au moment du tournage. Finalement, j’avais exigé qu’une partie du film soit tournée en Islande avec des acteurs et des coureurs automobiles islandais bien que les montants d’argent dont nous disposions pour faire ce long métrage s’apparentaient aux moyens qu’on attribue généralement au court métrage. Je savais qu’il y avait ce risque que nous ne puissions jamais nous rendre en Islande, mais il me fallait pousser l’idée jusqu’au bout pour m’assurer de ne jamais faire les choses dans la facilité. C’est donc composé d’une équipe de cinq personnes que nous nous sommes rendues en Islande pour tourner la dernière partie du film.

Entrevue avec le réalisateur extraite du dossier de presse du film fourni par FunFilm Distribution

Résumé

Alexandre est un jeune enseignant au port d’armes au collège de la douane canadienne. Son appétit sexuel, manifesté avec de nombreuses collègues, amène la directrice de l’établissement à le renvoyer temporairement. Sans prévenir, il retourne chez sa mère, qui vit en région et qui tient une piste de course à une cinquantaine de kilomètres de Montréal. À peine débarqué, deux inspecteurs de police viennent le questionner sur des dessins à caractère pornographique trouvés sur la porte de l’église du village. Incrédule, Alexandre constate qu'il est représenté sur ces petits bouts de papier. Sur ces entrefaites, il fait la connaissance d'une jeune femme blonde au regard étrange et fascinant venue d'Islande. Ils se lient d'amitié. La police n'a cependant pas l'intention de lâcher leur présumé coupable...

©Charles-Henri Ramond

Distribution

Robert Naylor (Alexandre), Tanja Björk (Aðalbjörg), Naïla Rabel (Laura), Marie-Thérèse Fortin (Johanne), Alexandrine Agostini (Directrice), Marc Beaupré (Letellier), Maxime Genois (Rémillard)

Fiche technique

Genre: comédie dramatique - Origine: Québec, 2021 - Durée: 1h19 - Langue V.O.: Français - Visa: non classé - Première: octobre 2021, Festival du Nouveau cinéma de Montréal - Sortie en salles: 25 février 2022 sur 4 écrans au Québec - Tournage: automne 2018 et printemps 2019, à Napierville et en Islande - Budget approximatif: moins de 250 000 dollars

Réalisation: Philippe Grégoire - Scénario: Philippe Grégoire - Production: Andrew Przybytkowski, Philippe Grégoire - Société de production: g11c avec la participation financière de Téléfilm Canada, Fonds des Talents, Conseil des arts du Canada, Conseil des arts et des lettres du Québec, crédits d'impôts provinciaux. En collaboration avec Radio-Canada. Produit avec le soutien de Main Film, Deux Huit Huit, Aspartame Jack - Distribution: FunFilm Distribution

Équipe technique - Costumes: Amélie Richter - Direction artistique: Suzel D. Smith, Gabrielle Falardeau - Mixage et montage son: Julien Éclancher - Montage images: Kyril Dubé – Musique: Joël-Aimé Beauchamp - Photographie: Shawn Pavlin

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