Maria Chapdelaine – Film de Gilles Carle

Kamouraska , Les Plouffe, Le Crime d’Ovide Plouffe et Le Matou, Maria Chapdelaine rejoint ce corpus de productions ambitieuses replongeant dans le passé québécois.

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Maria Chapdelaine est un drame sentimental réalisé par Gilles Carle en 1983, dans la foulée de Les Plouffe. Cette romance rurale est basée sur le roman emblématique de l’imaginaire collectif québécois, écrit par Louis Hémon dans les années 1920 et qui avait déjà été adapté à deux reprises par la France. Ce Maria Chapdelaine est donc la troisième adaptation cinématographique de l’oeuvre originale.

Cette version, une mégaproduction cofinancée avec la France, se voulait à l’époque ambitieuse artistiquement et techniquement, capitalisant ouvertement sur le succès remporté par Les Plouffe.

Toutefois, même s’il connut un certain succès au Québec, le film n’eut pas une consécration aussi forte que son prédecesseur. Le film marque également la fin de la collaboration entre Gilles Carle et la comédienne Carole Laure.

Maria Chapdelaine a été diffusé lui aussi sous forme d’une minissérie de 4 épidodes qui fut tournée par Carle parallèlement au long métrage.

Carole Laure dans Maria Chapdelaine - Maria retourne dans sa famille emportant avec elle son gramophone à musique - (Source: filmsquebec.com)

Carole Laure dans Maria Chapdelaine – Maria retourne dans sa famille emportant avec elle son gramophone à musique – (Source: filmsquebec.com)

Réception critique

En voyant Maria Chapdelaine, on ne peut s’empêcher de croire que le cinéma a comme principal effet de donner du mouvement, de la vie à ce qui n’en a pas. Le film est fait sans grande conviction, les comédiens traduisent ce sentiment volontairement ou non, tous sauf peut-être Claude Rich qui joue le curé avec un plaisir non feint. Les séquences se suivent avec toute la rationalité d’un bon documentaire selon un rythme qui ne parvient pas à s’établir de façon nette. Les événements sont aplatis, sans contenu idéologique, la vie défile en deux dimensions. Il ne lui manque que la profondeur. Les personnages sont réduits à des silhouettes, à des caricatures, à des clichés. [1]

De toute évidence, on a voulu faire de Maria Chapdelaine une prestigieuse adaptation cinématographique du non moins célèbre roman de Louis Hémon. L’entreprise n’a toutefois pu éviter les pièges de la complaisance et de l’autosatisfaction qui empoisonnent si souvent les productions du cinéma québécois. Car, à quoi servent enfin de belles images si elles s’accompagnent d’un fil narratif emmêlé, d’une interprétation généralement terne et sans relief, (quelques exceptions mises à part), d’un montage brouillon… [2]

L’oeuvre dans son ensemble est remarquablement proche du livre. J’ai aimé ce parallèle constant que le réalisateur établit entre le rituel des saisons et celui des personnages. Les gestes de Maria respectent le code social rigide de l’époque. Collés quotidiennement à la nature, ces personnages dialoguent avec elle. Tout ce langage non verbal du film, à mon avis, est fort bien rendu. Il s’agit d’une fidélité à l’oeuvre qui se situe au delà des mots. Carie a su étoffer son récit, reconstituer non seulement les décors — superbes ces décors de Jocelyn Joly! — mais encore rendre en images la substance même de l’oeuvre. Là-dessus, rien à redire. [3]

[1]: Par Gilles Thérien in VOIX ET IMAGES, VOL. IX, NO 1, p. 171-172

[2]: Par François Vallerand in Séquences : la revue de cinéma, n° 113, 1983, p. 72-73

[3]: Par Luc Perreault dans La Presse, samedi 30 avril 1983, cahier F, p. 1

Résumé

En ce début du siècle, dans cette nature sauvage et rude du Lac Saint-Jean, la vie n'est pas facile pour la famille Chapdelaine. Entre deux corvées, la belle et fière Maria se laisse emporter dans des idées de mariage. Parmi les prétendants, Lorenzo Surprenant a le plus beau programme pour sa dulcinée, en effet, il souhaite l'emmener aux États-Unis, loin de cette misère. Mais c'est Eutrope, bon travaillant à l'avenir tout tracé, qui a les faveurs du père Cordelier. Pourtant, malgré l'insistance de ce dernier, Maria ne peut se résoudre à un avenir si ordinaire. De plus, elle a dans la tête le regard du beau trappeur François Paradis, de qui elle est secrètement amoureuse. Mais ce dernier a une telle réputation de buveur et d'homme à femmes, qu'il ne peut prétendre épouser Maria.

Alors qu'il part à la chasse dans la montagne pour tout l'hiver, Maria fait le serment de l'attendre. Mais, alors que Noël approche, il décide finalement de retourner chercher Maria. Perdu dans la tempête, il meurt solitaire dans la forêt. Finalement, Maria choisira de rester dans ce coin de pays et choisira Eutrope pour époux...

©Charles-Henri Ramond, décembre 2006

Distribution

Carole Laure (Maria Chapdelaine) ; Nick Mancuso (François Paradis) ; Claude Rich (Le curé Cordelier) ; Amulette Garneau (Laura Chapdelaine) ; Yoland Guérard (Samuel Chapdelaine) ; Pierre Curzi (Eutrope Gagnon) ; Donald Lautrec (Lorenzo Surprenant) ; Gilbert Sicotte ; Guy Thauvette ; Stéphane Quéry ; Josée-Anne Fortin ; Louis-Philippe Milot ; Claude Evrard ; Paul Berval ; Guy Godin ; Marie Tifo

Fiche technique

Genre: Drame historique - Origine: Coproduction Québec-France, 1983 - Durée: 1h47 - Visa: Général - Première: 27 avril 1983 à Montréal - Sortie en salles: 29 avril 1983 dans 25 salles au Québec et 20 juin 1984 en France - Tournage: 18 octobre au 20 décembre 1982 au Lac Baskatong (Québec) - Budget approximatif: 4,6 M$ (incluant le film et une série télévisée de 4 heures) - Box office: plus de 815 000 $ au Québec, environ 128 000 entrées en France

Réalisation: Gilles Carle - Scénario: Gilles Carle, Guy Fournier, d'après le roman homonyme de Louis Hémon (Montréal, 1916) - Production: Murray Shostak ; Robert Bayliss - Producteur délégué: Harold Greenberg - Direction de production: Lorraine Richard - Société de production: 1861-8140 Québec inc. pour le compte de Radio-Canada ; Astral Bellevue Pathé et TF1 Films Productions avec la participation de l'Institut québécois du cinéma (IQC) et du CFDC - Distribution: Astral Films au Québec et UGC Distribution en France

Équipe technique - Costumes: Michèle Hamel - Direction artistique: Jocelyn Joly - Montage images: Michel Arcand, Avdé Chiriaeff – Musique: Lewis Furey - Orchestration et direction d'orchestre: Richard Grégoire - Photographie: Pierre Mignot, Richard Leiterman - Son: Patrick Rousseau

Infos DVD/VOD

Maria Chapdelaine est disponible en DVD au Québec en version remasterisée - Date de sortie: 7 septembre 2010 - Éditeur: TVA Films - Code UPC: 824255006415 - Suppléments: NC.

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Né en décembre 2008, Films du Québec est un site d'information indépendant, entièrement dédié au cinéma québécois de fiction. Films du Québec contient les fiches détaillées des films québécois, des actualités, des critiques et des bandes annonces et bien plus.
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