Mommy – Film de Xavier Dolan

Des cinq films de Xavier Dolan, Mommy est sans doute celui qui a connu le plus gros succès médiatique lors de sa présentation à Cannes. Sortie en salles au Québec prévue pour septembre 2014.

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Lien YouTube : http://youtu.be/watch?v=n0KTJ3LnhB0

Cinquième long métrage de Xavier Dolan en autant d’années, Mommy est un drame dans lequel les relations mère/fils sont de nouveau mises en avant, mais, de l’aveu du cinéaste, sur un ton plus grave que son J’ai tué ma mère. Le film met en vedette Anne Dorval, l’actrice fétiche de Dolan, ainsi que Suzanne Clément et Antoine-Olivier Pilon.

Sélectionné en compétition officielle au 67e Festival de Cannes, Mommy a été largement plébiscité par la presse française et internationale. Pressenti pour une Palme d’Or, le film est reparti avec le Prix du Jury ex æquo avec l’Adieu au langage de Jean-Luc Godard. Mommy, a été choisi pour représenter le Canada dans la course à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.

Premier extrait : http://youtu.be/watch?v=ETPU_kKEf7o

Second extrait : http://youtu.be/RUN14bDluGs

Extraits de critiques

Mommy, c’est d’abord un vrai, un grand, un beau mélo, avec trois comédiens en état de grâce qui nous tirent des larmes de joie, de tristesse, de rage, suscitent une foule d’émotions contradictoires tout au long de 2h15 qui passent à la vitesse de l’éclair – Jérôme Vermelin (Metronews)

The trio form their own dysfunctional family unit, which liberates all three from stifling personal limitations, at least temporarily. Kyla has a mysterious past and a controlling husband at home, neither of which Dolan explains fully. A missed opportunity, but not a serious omission. – Stephen Dalton (The Hollywood Reporter)

The trailer-trash humour is superbly transgressive, but then evolves into something else: an involving, heartfelt story. You might expect the narrative to develop in sexual ways, and so it does, but not in a predictable style. All three actors give it everything they’ve got, which is a great deal. These performances are arguably too broad occasionally with a touch of daytime soap. But it is a pleasure to see acting – and directing – which is blasting away on all the emotional cylinders. – Peter Bradshaw (The Guardian)

Mommy ne ressemble cependant à rien d’autre qu’à un film de Dolan, hyperbolique, vivant et singulier. Grâce à une mise en scène immersive qui colle au plus près des personnages, le prodige québécois fait de nous les témoins groggy d’un cauchemar familial up and down, rythmé par des tubes kitsch et des idées formelles proprement stupéfiantes. – Christophe Narbonne (Première)

Mot du réalisateur

Depuis mon premier film, j’ai beaucoup parlé d’amour.

J’ai parlé d’adolescence, de séquestration et de transsexualisme. De Jackson Pollock, des années 90, d’ostracisme et d’homophobie. J’ai aussi parlé de pensionnats et du mot « spécial », du train des vaches, de cristallisation de l’amour telle que conçue par Stendhal et du syndrome de Stockholm. J’ai parlé jouâl et j’ai parlé mal, j’ai sacré comme un charretier, parlé l’Anglais parfois, et parlé à travers mon chapeau plus souvent qu’à mon tour, je suppose.

Bref, quand on « parle » de quelque chose, il y a forcément ce risque pratiquement inéluctable de dire n’importe quoi. C’est bien pourquoi j’ai toujours choisi des sujets près de moi, plus ou moins ; des sujets qu’on maîtrise de manière relative parce qu’on connaît sa propre différence et sa banlieue, parce qu’on sait toute l’étendue de la peur de l’autre, les mensonges où l’on se conditionne à vivre caché, ou l’amour stérile que l’on prodigue avec sottise à des voleurs de temps. Ce sont des choses que j’ai connues d’assez près pour m’atteler à les raconter.

Mais s’il est un sujet que je connaisse sous toutes ses coutures, qui m’inspire inconditionnellement, et que j’aime par-dessus tout, c’est bien ma mère. Quand je dis ma mère, je pense que je veux dire LA mère en général, sa figure, son rôle. Car c’est à elle que je reviens toujours. C’est elle que je veux voir gagner la bataille, elle à qui je veux écrire des problèmes pour qu’elle ait toute la gloire de les régler, elle à travers qui je me pose des questions, elle qui criera quand nous nous taisons, qui aura raison quand nous avons tort, c’est elle, quoi qu’on fasse, qui aura le dernier mot, dans ma vie.

À l’époque de J’ai tué ma mère, j’avais voulu, je pense, punir ma mère. Seulement cinq ans ont passé depuis, mais je crois bien qu’aujourd’hui, à travers Mommy, j’essaie maintenant de la venger. Allez comprendre.

— Xavier Dolan, Mai 2014

Mommy en quelques lignes

  • Prix du Jury, 67e édition du Festival de Cannes
  • César du meilleur film étranger
  • 9 prix Écrans canadiens
  • 10 prix Jutra
  • Prix de la critique québécoise (AQCC)
  • 3 prix Bayard, Festival International du Film Francophone de Namur
  • Plus de 3,3 millions $ au box-office canadien
  • Plus de 2 millions d’entrées en France
  • Présenté dans plus de 60 festivals à travers le monde
  • Vendu dans plus de 50 pays

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