Pour le meilleur et pour le pire – Film de Claude Jutra

Malgré son slogan Un mariage qui fait rire et qui fait mal, cette comédie de Claude Jutra fut très froidement accueillie par la critique et le public.

http://www.filmsquebec.com/wp-content/uploads/2013/07/pour-le-meilleur-et-pour-le-pire.jpg
Image tirée du film: Monique Miller et Claude Jutra dans le film Pour le meilleur et pour le pire (1975)

Monique Miller et Claude Jutra dans le film Pour le meilleur et pour le pire (1975)

Pour le meilleur et pour le pire est le cinquième long métrage de fiction réalisé par Claude Jutra. Dans cette comédie satirique décriée et ignorée, et très peu analysée, Jutra aborde l’usure du temps qui vient miner un couple pourtant uni.

À la SDICC (anciennement Téléfilm-Canada), Jutra avait présenté son projet ainsi: « Ce film est une réflexion sur l’amour conjugal. Mais c’est avant tout un film comique. D’un comique souvent grinçant, parfois difficilement supportable. Mais c’est un film qui ne se prend jamais au sérieux. » [1]

Après l’échec de Pour le meilleur et pour le pire auprès du public, Claude Jutra réfutait l’approche expérimentale du projet – et plus largement celle du cinéma québécois – et déplorait l’absence de reconnaissance des films d’ici auprès d’un large public : Je crois mon dernier film Pour le Meilleur et Pour le Pire très consommable. J’ai traité mon thème – le couple et le mariage – d’une manière simple, légère, humoristique (enfin, j’espère)… Je n’ai pas voulu faire un film obscur ou hermétique… Le même thème repris par Lelouch dans Le Mariage a très bien marché au Québec… Ce qui est effrayant… c’est que le public québécois n’a pas confiance dans ses cinéastes… [2]

Lors d’une entrevue avec Patrice Poulin, en 1985, Claude Jutra indiquait à propoos de la sévérité des critiques: Les critiques avaient été très sévères! Et j’ai trouvé effrayante la manière dont le film fut traité par le distributeur. Il n’y a vraiment eu aucune promotion. Rien. C’est pourtant un film que j’ai aimé faire. J’avais le sentiment d’être juste, mais ce n’était pas l’avis des autres… [3]

Après cet échec commercial cuisant, Jutra s’est tourné vers la production anglophone, réalisant une plusieurs fictions au Canada anglais. Il faudra attendre dix ans pour qu’il tourne à nouveau en français (La dame en couleur, 1984).

Titre en anglais : For Better For Worse.

Référence : [1] Merci à Yves Lever de m'avoir fourni cette citation - [2] dans MAINMISE, Janvier 1976, page 33 - [3] dans Ciné-Bulles, vol. 4, n° 5, 1985, p. 4-7. Texte complet : http://id.erudit.org/iderudit/35250ac

Qui sommes-nous ?

Né en décembre 2008, Films du Québec est un site d'information indépendant, entièrement dédié au cinéma québécois de fiction. Films du Québec contient les fiches détaillées des films québécois, des actualités, des critiques et des bandes annonces et bien plus.
Création et administration : Charles-Henri Ramond, membre de l'Association québécoise des critiques de cinéma.

Catégories

Archives