Windigo – Film de Robert Morin

Adapté du célèbre roman Heart of Darkness de Joseph Conrad, Windigo est le second long métrage de cinéma de Robert Morin.

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Donald Morin et Nathalie Coupal dans Windigo de Robert Morin

Donald Morin et Nathalie Coupal dans Windigo (photo Attila Dory – Collection filmsquebec.com)

Windigo est un drame réalisé par Robert Morin. Il s’agit d’une libre adaptation, d’une transposition devrait-on dire, du célèbre roman de Joseph Conrad, Heart of Darkness (Le Coeur des ténèbres) qui a servi de base à Francis Ford Coppola pour Apocalypse Now.

Windigo est le deuxième long métrage de cinéma réalisé par Robert Morin. Le premier, Requiem pour un beau sans-coeur, avait récolté l’année précédente le prix du Meilleur film canadien au Festival international du film de Toronto, de même que les prix du Meilleur long métrage et du Meilleur scénario aux Rendez-vous du cinéma québécois. Il fut par ailleurs sélectionné pour la Semaine de la critique de Cannes. Vidéaste reconnu, Robert Morin a signé plus d’une vingtaine de vidéos, dont La Réception, La Femme étrangère et Tristesse modèle réduit.

C’est donc auréolé de ce succès que Morin s’attaque à un sujet politique complexe, empreint de la culture autochtone, et faisant écho à la crise d’Oka de 1990. Peu montré à sa sortie en salles, et indisponible en DVD, Windigo n’a hélas laissé que peu de souvenirs dans notre patrimoine même s’il mériterait bien d’être redécouvert.

« Windigo c’est un film qui dit qu’on est tous les autochtones de quelqu’un, qu’on veut tout avoir, le beurre et l’argent du beurre. …/… C’est un film que j’ai l’impression d’avoir manqué, qui n’est peut-être que 60% de ce que je voulais faire d’abord. Comme c’est un film sur un sujet très grave, je me disais qu’il fallait « l’alléger » un peu, y mettre des séquences comiques. Mais finalemnt, pour des raisons de budget, la première chose qu’on a « scrapée », c’est justement les scènes comiques, à la fin on était tellement mal pris qu’on a fini par tourner les 20 dernières minutes en une seule journée ! Dur…[1]

Titre de travail : Le chant des silhouettes.

[1] : Robert Morin dans le livre Moments donnés, Jean-Pierre Boyer, Fabrice Montal, Georges Privet, Vidéographe Éditions, 2002

Le décor naturel et le bateau de Windigo (photo Attila Dory - Collection filmsquebec.com)

Le décor naturel et le bateau de Windigo (photo Attila Dory – Collection filmsquebec.com)

Réception critique

Les ressemblances avec Octobre sont frappantes: les deux réalisateurs sont en faveur de la liberté des peuples, mais s’interrogent sur le prix à payer. Ce qui cependant diffère avec Morin, c’est que tout en se voulant sympathique aux autochtones, il préfère répondre à la question par une sorte de mosaïque abstraite. Or, à force de vouloir orchestrer la confusion, il signe un film par moments confus. Mais cela ne saurait faire oublier que Windigo (« mangeur d’âmes », en langue algonquine), grâce à l’extrême adéquation de la mise en scène et du propos, est un objet rare au Québec.(-Marco de Blois, 24 images, n° 75, p. 5)


Comme il le fait dans la conclusion de Requiem, il finit par donner la parole au regardé. Régis Savoie, le héros de son film précédant, saisissait une caméra pour se filmer lui-même, s’appropriant le pouvoir narratif du film avant de mourir ; Eddy Laroche, lui aussi à l’heure de son trépas, nous convie à pénétrer son imaginaire par le biais d’un ultime flash-back. Son âme flotte au-dessus de la rivière Windigo qu’il compare aux méandres de l’enfer, ses propos funestes accompagnés d’une musique d’atmosphère subtilement cauchemardesque. Par ces deux scènes, Robert Morin concrétise à sa façon le voeu de Joseph Conrad qui a dit un jour de son roman: « Il fallait donner à ce sombre thème une résonance sinistre, une tonalité particulière, une vibration continue qui, je l’espérais du moins, persisterait dans l’air et demeurerait encore dans l’oreille, après que seraient frappés les derniers accords. » (-Johanne Larue, Séquences : la revue de cinéma, n° 175, p. 16)

Présentations officielles

Un portrait du long voyage des émissaires sur un vieux rafiot, en route vers le nouveau pays sur la rivière Windigo. Une incursion dans la nature et les sentiments – tous deux sauvages -, où se révèlent tantôt l’intolérance et le chauvinisme, tantôt la frustration teintée d’envie, mais aussi la clémence…

Réflexion menée avec art et profondeur, Windigo nous entrain au pays de la contradiction et de l’absurde, de la raison et de l’idéal. Question de politique pour les uns, de vie et de mon pour les autres. Un sujet traité avec réalisme et conviction, dans le style introspectif qui a fait la renommée internationale du réalisateur Robert Morin.

Extraits d’une cinéfiche produite par Allégro

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