Kamouraska – Film de Claude Jutra

Adapté du roman éponyme d’Anne Hébert, récipendaire du prix des Libraires de France, le drame sentimental Kamouraska réalisé en 1972 par Claude Jutra fait figure d’enfant maudit du cinéma québécois.

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Geneviève Bujold dans le film Kamouraska (Claude Jutra, 1973)

Geneviève Bujold dans le film Kamouraska (Claude Jutra, 1973)

Adapté du roman éponyme d’Anne Hébert, récipiendaire du prix des Libraires de France, le drame sentimental Kamouraska réalisé en 1972 par Claude Jutra fait figure d’enfant maudit du cinéma québécois, malgré une présentation hors compétition au Festival de Cannes en 1973 ainsi que quatre prix aux « Canadian Film Awards » dont celui de la meilleure actrice.

Indisponible en DVD et très rarement montré à la télévision malgré le côté grand public de son histoire et la renommée de son auteure, Kamouraska n’a jamais réussi à conquérir le public. Lors de sa sortie en salles en mars 1973, cette lourde coproduction avec la France eut également toutes les peines du monde à trouver justice auprès des critiques. Cette œuvre, mineure certes, du réalisateur de l’acclamé Mon oncle Antoine fut donc respectueusement boudée et fut rapidement remisée.

Il faut reconnaître que le film souffre de problèmes importants dans sa narration, entre autres causés par les exigences des coproducteurs français concernant plusieurs coupes importantes qui fut faites contre la volonté du réalisateur. Ce dernier remit les pendules à l’heure quelques années plus tard en remontant une version de 175 minutes (1983) ainsi qu’une version de près de 4 heures qui fut présentée à la télévision en 1984.

Dans la revue Cinéma Québec (mars/avril 1973), Claude Jutra accordait une entrevue juste avant la sortie du film en salles. Voilà ce qu’il répondait à Jean-Pierre Tadros à propos de son intéressement pour le film : Ce n’est pas vraiment moi qui ai choisi d’en faire un film. C’est Pierre Lamy, mon producteur, qui était intéressé à le produire et qui voulait que ce soit moi qui le fasse. C’est lui qui me l’a proposé et qui m’a avisé que si j’étais d’accord il pourrait obtenir les droits cinématographiques. J’ai sauté sur l’occasion, parce que si je n’avais jamais pensé à réaliser Kamouraska c’est que je savais que beaucoup de réalisateurs s’intéressaient au roman d’Anne Hébert. Ce n’est pas moi qui suis allé le chercher. En fait, j’étais sur un autre projet à ce moment là, avec Pierre Lamy d’ailleurs, projet qui a été interrompu.

Interrogé sur l’aspect international du projet, Jutra répondait : Kamouraska m’intéressait, non parce que c’était un film international, mais parce que justement c’était un film québécois. Il est vrai que cette histoire d’un triangle amoureux qui se termine avec un meurtre aurait pu se passer n’importe où. Mais si ça s’était passé ailleurs qu’au Québec, je ne l’aurais pas fait. Parce que Kamouraska c’est finalement québécois. C’est Sorel. C’est la côte Sud du St-Laurent. C’est aussi une partie de notre histoire, de notre patrimoine social.

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