Tu dors Nicole – Film de Stéphane Lafleur

Dans Tu dors Nicole de Stéphane Lafleur, deux amies doivent faire face à divers chambardements imprévus. À l’instar de ses deux premières réalisations, Lafleur propose un univers onirique décalé qui se retrouve une nouvelle fois transporté par une musique enveloppante et de lumineuses images en noir et blanc.

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Lien YouTube : http://youtu.be/watch?v=ADiSuLRPjCY

Tu dors Nicole est le troisième long métrage écrit et réalisé par Stéphane Lafleur (Continental, un film sans fusil, 2007 et En terrains connus, 2011).

Filmé en 35mm dans un noir et blanc d’une lumineuse clarté représentant pleinement la torpeur estivale, le film suit l’été de deux amies dans la vingtaine en proie à divers chambardements affectifs et moraux. Bien que n’étant pas à proprement parler une étude sociale centrée sur la jeunesse québécoise, Tu dors Nicole propose un regard attendri sur une période de transition, un entre-deux dans lequel les responsabilités de la vie adulte commencent à prendre le dessus sur les rêves de l’enfance.

Tu dors Nicole eut droit à sa première mondiale au Festival de Cannes lors de la Quinzaine des réalisateurs 2014.

Images ci-dessus : ©Sara Mishara

Mot du réalisateur

Pour votre film précédent En terrains connus, l’idée de départ était un homme qui arrivait d’un futur proche. Quelle a été la première image que vous aviez en tête pour Tu dors Nicole?

C’est le titre qui est arrivé en premier. Je suis parti de ça et j’ai construit une histoire autour. J’avais aussi envie de m’intéresser à des personnages plus jeunes, au début de la vingtaine. On a beaucoup vu l’adolescence au cinéma ces dernières années, ou des trentenaires qui se demandent s’ils veulent des enfants ou pas. J’avais envie de me consacrer à cette période un peu floue de la vie, entre les deux, sans toutefois prétendre dresser un portrait des jeunes de 22 ans en 2014.

Ce qui m’intéressait, c’est une sorte de nostalgie de cet âge-là, mais aussi une certaine nostalgie de l’été. Il y a un rapport avec cette saison que nous perdons en vieillissant. Enfant, nous sommes plus proches des éléments, des sauterelles, de l’odeur du gazon fraichement coupé. En grandissant, nos sens s’éloignent de cette matière-là et j’avais envie de retrouver ce rapport à la chaleur et au sentiment de se promener dans son quartier la nuit.

Comme scénariste, aborder le début de l’âge adulte est-il une façon de
replonger dans vos propres souvenirs?

C’est-à-dire que la nostalgie dont je parle se veut plus large. J’ai essayé de me replonger dans l’état d’esprit qui caractérise le début de la vingtaine, alors que les « premières fois » sont derrière nous, mais qu’on ne sait pas trop de quoi sera faite la suite. C’est un âge où l’on veut s’affranchir sans toutefois tomber dans le « piège adulte ». C’est aussi un âge marqué par l’arrivée de nouvelles responsabilités financières pour certains (appartement, carte de crédit, voiture, etc.). Cela dit, je me rends compte aussi que mes trois premiers films sont stylistiquement très inspirés de mon enfance durant les années 80. J’aime bien qu’ils aient un côté intemporel – au niveau des costumes, des décors et même dans le langage – qu’on soit incapable de les dater, d’une certaine façon. J’essaie d’enlever le plus possible les références à la modernité et les repères temporels que sont les ordinateurs portables et les téléphones intelligents. C’est toujours un présent qui n’est pas clair.

En plus de réaliser, vous êtes auteur-compositeur et interprète du groupe « Avec pas d’casque ». À quel moment avez-vous décidé d’incorporer un trio de musiciens comme personnages dans votre scénario?

C’est évident que de faire partie d’un groupe de musique depuis 10 ans et de côtoyer plusieurs musiciens ont nourri cet aspect du film, sans toutefois que ce soit autobiographique. Très tôt dans l’écriture j’ai eu envie d’un groupe de musique qui ne serait pas le point central du film, mais dont la présence agirait plutôt comme un élément perturbateur pour Nicole. Je voulais également opposer la nonchalance de Nicole et de son amie Véronique à des personnages plus âgés encore, animés par ce vieux rêve de jeunesse de faire de la musique. Je souhaitais que l’on sente leur lucidité par rapport à ce projet et peut-être un certain essoufflement, comme si l’âge adulte avait fini par les rattraper.

Extrait de l’entretien réalisé par Daniel Racine disponible dans le dossier de presse.

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