Ca peut pas être l’hiver (…) – Film de Louise Carré

Premier long métrage de fiction de Louise Carré mettant en vedette une femme de 57 ans en pleine reconquête de soi.

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Marie-Eve Doré et Martin Neufeld, dans Ça peut pas être l'hiver on n'a même pas eu d'été ( dans un champ verdoyant, deux jeunes amoureux se poursuivent en riant)
Marie-Eve Doré et Martin Neufeld, dans Ça peut pas être l’hiver on n’a même pas eu d’été, un film de Louise Carré. (photo Takashi Seida)

Après avoir été administratrice à l’Office national du film pendant plusieurs années, Louise Carré signait en 1979 Ça peut pas être l’hiver on n’a même pas eu d’été, son premier long métrage de fiction. Tourné dans la région de Sorel-Tracy avec un budget limité, le film relate comment une veuve éplorée de cinquante-sept ans parvient à trouver les ressources pour surmonter le deuil et prendre sa vie en main.

Le film avait remporté le Prix de la presse internationale pour le meilleur long métrage canadien lors du Festival des films du monde de 1980, où il était présenté en première mondiale.

Mot de la réalisatrice

En premier, j’avais envie d’écrire un scénario sur la femme dé 40 ans mais j’ai constaté que la vie de la femme de 57 ans était de beaucoup plus intéressante pour avoir observé des gens de ma région. Je me suis rendue compte que bien souvent, les femmes de cette âge là n’ont jamais réellement vécu pour elle mais plutôt pour leur mari et leurs enfants. Et une fois que le mari était décédé, fréquemment elle vivait mieux qu’auparavant. En fin de compte, c’est un hommage à la femme québécoise de 57 ans. (entrevue accordée à Télé-radiomonde, dimanche 14 octobre 1979)

On était quand même encore en 1980, au début de l’émancipation des femmes : Betty Friedan, Germaine Greer, tout ce monde-là… La femme voulait prendre sa place et était surprise de constater qu’après avoir élevé 6-7 enfants, elle ne savait pas trop comment rouler sa vie, aller à la banque, payer les comptes. (Louise Carré à Éléphant, en 2012)

Céline Lomez, Charlotte Boisjoli dans Ça peut pas être l'hiver on n'a même pas eu d'été (les deux femmes regardent hors dcadre avec un sourire au visage)
Céline Lomez, Charlotte Boisjoli dans Ça peut pas être l’hiver on n’a même pas eu d’été (photo Takashi Seida)

Critiques d’époque

On pourra chicaner Louise Carré pour son penchant envers les cartes postales mais souvent celles-ci — la scène de la balançoire ou d’un coucher de soleil — facilitent les transitions. Son film coule comme le fleuve à Tracy devant la maison d’Adèle. On le regarde sans ennui. Il possède un rythme qui convient à l’état d’âme d’Adèle. (Luc Perreault, La Presse, 27 septembre 1980, p. C16)


Ce film québécois de Louise Carré n’a pas de grandes vedettes ni de scènes de sexe sensationnelles. Ce qu’il a, c’est une histoire touchante et édifiante. Adèle est une mère de huit enfants âgée de 57 ans dont la vie confortable et protégée est bouleversée par la mort de son mari pourvoyeur. Le premier long métrage de Carré est un portrait sympathique, bien que féerique et idéaliste d’une femme qui s’épanouit dans son âge d’or alors qu’elle apprend à vivre pour elle-même plutôt que pour les autres. (The Record, 26 septembre 1980)


La réalisation de Louise Carré est conventionnelle, c’est sûr, mais son regard est sensible au milieu géographique de Tracy qu’elle situe par touches successives et au personnage qu’elle révèle avec pudeur dans de beaux moments d’intimité. Du rythme lent de son récit se dégage un sens du quotidien, une tendresse et une chaleur humaine qui touchent et émeuvent. (Richard Gay, Le devoir, 27 septembre 1980, p. 29)

Résumé

Adèle, Québécoise de 57 ans, vient de perdre son mari. La solitude s'installe doucement. Ses enfants ont quitté la maison. Refusant de se laisser aller à la solitude, elle accepte de prendre un pensionnaire chez elle. Cette rencontre lui redonne goût à la vie.

©Charles-Henri Ramond

Distribution

Charlotte Boisjoli (Adèle Marquis), Jacques Galipeau (Germain Lafond), Céline Lomez (Lise Marquis), Serge Bélair (Jean-Pierre Marquis), Mireille Thibeault (Camille Marquis), Daniel Matte (Martin Marquis), Marie-Ève Doré (la jeune Adèle), Anne-Marie Ducharme (Mme Dutronc), Martin Neufeld (le jeune Albert), Peter Neufeld (Albert Marquis, sur les photos), Illia Esopos (Isabelle), Guillaume Tremblay (Guillaume), Isabelle Doré (la fille d'Adèle), Lucie Mitchell (la tante), Guy Bélanger (le premier curé), Hélène Grégoire (une serveuse), Louise Arbique (une serveuse), Pepper (le clown), Jean Richard (le mari de Camille), Annick Chartier (Annick), Réal Côté (Réal), Félix Chartier (l'ami de Réal), Wilner Boulin (l'ami d'Annick), Jean-Belzil Gascon (le petit-fils d'Adèle), Claude Saint-Germain (le deuxième curé), Martin Lyons (le photographe), Kathleen Butler (la masseuse), Marjorie Godin (le bébé), Gaétane Laniel (la voix de Mme Dutronc)

Fiche technique

Genre: chronique - Origine: Québec, 1980 - Durée: 1h27 - Langue V.O.: Français - Visa: Général - Première: 19 juin 1980, Cinémathèque québécoise - Sortie en salles: 26 septembre 1980 sur 2 écrans à Montréal (Berri, Le Dauphin) - Tournage: à Tracy, Sorel et à Montréal durant 5 semaines étalées sur 3 saisons de 1979 - Budget approximatif: 295 000 $

Réalisation: Louise Carré - Scénario: Louise Carré - Production: Louise Carré - Société de production: La Maison des Quatre avec la participation financière de la Société de développement de l'industrie cinématographique canadienne (SDICC), l'institut du cinéma québécois (IQC), ONF, Conseil des arts du Canada, Société Radio-Canada - Distribution: J.-A. Lapointe Films

Équipe technique - 1ere assist.: Marianne Feaver - Costumes: Martine Fontaine - Direction de production: Daniel Louis - Maquillages: Brigitte McCaughry - Mixage: Jean-Pierre Joutel - Montage images: André Théberge – Montage son: Anne Whiteside - Musique: Marc O'Farrell ; chanteurs : Louise Lemire, Pière Sénécal ; paroles : Louise Carré ; piano, voix : Mario Parent - Photographie: Robert Vanherweghem - Prise de son: Jacques Blain, Alain Corneau, Marcel Fraser

Infos DVD/VOD

Ça peut pas être l'hiver on n'a même pas eu d'été est disponible en VOD sur iTunes et Illico (Éléphant mémoire du cinéma québécois)

Qui sommes-nous ?

Né en décembre 2008, Films du Québec est un site d'information indépendant, entièrement dédié au cinéma québécois de fiction. Films du Québec contient les fiches détaillées des films québécois, des actualités, des critiques et des bandes annonces et bien plus.
Création et administration : Charles-Henri Ramond, membre de l'Association québécoise des critiques de cinéma.

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