Maîtresse, La – Film de Anton Van De Water

Mélodrame sorti en salle en 1973, reçu à boulets rouges par le public et la critique suite aux premières organisées à Montréal et à Québec. Premier film de Pierre Lalonde.

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Karina Tonisso et Pierre Lalonde dans "La maîtresse"Commercialisé autour de la popularité de l’animateur-vedette Pierre Lalonde, dont c’était le premier film, La maîtresse est un mélodrame québécois coécrit et réalisé par le cinéaste d’origine hollandaise Anton Van De Water (1917-2008), dont ce fut le seul long métrage de fiction en carrière.

Très peu d’informations subsistent à propos de ce film indépendant tourné en deux langues (l’autre version se nommerait « And I Love You Dearly »), et qui fut reçu à boulet rouge par le public et la critique suite aux premières organisées à Montréal et à Québec. Le 11 avril 1973, le visionnement au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts avait en outre été marqué par une émeute causée par des spectateurs refoulés à l’entrée alors qu’ils avaient leur billet. N’eut été cet anecdote, la sortie de La maîtresse deux jours plus tard serait passée totalement inaperçue.

À noter que les copies présentées à Québec et à Montréal n’étaient pas les mêmes, le réalisateur ayant ajouté quelques scènes avant la sortie en salle. Signalons enfin qu’au moment du tournage, le film était référencé sous le titre La Maîtresse Fleur.

Le réalisateur Anton Van De Water et ses deux comédiens Pierre Lalonde et Karina Tonisso sur le tournage du film La Maîtresse de 1973

Le réalisateur Anton Van De Water et ses deux comédiens Pierre Lalonde et Karina Tonisso

Critiques d’époque

…/… Si seulement « la Maîtresse » possédait un minimum de qualités. Karina Tonisso parle un français pour le moins affligeant, Pierre Lalonde n’est pas dans le coup et, pour ce qui est du scénario, on repassera! (Guy David, Photo-journal, 25 mars 1973, p.8)


Comment est-on parvenu à trouver des comédiens et des fonds pour tourner ce film demeure un mystère. Sur un scénario de lieux communs, de phrases creuses, un ramassis de situations empruntées aux « comic books » des années cinquante où les filles faisaient « sob, sob » et « sigh », le tout assaisonné d’une sauce typiquement « photo romans » de qualité très douteuse, Gemma Barra et Anton Van de Water nous ont donné le film le plus niais des dernières années. A côté de lui, « Aurore l’enfant martyre » et « Coeur de maman » sont des perles. (Claude Daigneault, Le Soleil, 17 mars 1973, p.34)


L’ extrême pauvreté du scénario et des textes de Gemma Barra n’explique cependant pas celle du jeu de la caméra. Je devrais parler de son absence de jeu car la caméra bouge très peu, elle reste là à regarder platement, sans prendre l’initiative d’aller chercher l’image, cette image que nous sentons à sa portée mais, est-ce de l’indifférence ou de l’ignorance, jamais elle ne nous l’offre. (Daniel Grégoire, Photo-Journal, 22 avril 1073, p. 15)


Les artisans de “la Maîtresse” ont joué le tout pour le tout, ils ont décidé d’être mauvais jusqu’au bout. Handicapé au départ par la présence en premier rôle d’une inconnue à l’accent irrécupérable, le film n’a pas su faire ressortir le talent d’aucun comédien. Pierre Lalonde n’est ni meilleur, ni pire qu’un autre dans cet amas d’incongruité… (La Patrie, 22 avril 1973, p.43)

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