Wilcox – Film de Denis Côté

Douzième long métrage du cinéaste, Wilcox est une illustration personnelle de l’isolement, de la liberté et de l’errance.

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Lien YouTube : https://youtu.be/watch?v=z6u2ERc32rQ

Denis Côté est passé maître dans l’art d’alterner des « films institutionnels » et des oeuvres atypiques produites en toute indépendance, sans l’aide du financement public. À l’instar de Bestiaire, Que ta joie demeure ou Ta peau si lisse, Wilcox fait partie de cette seconde catégorie. Douzième entrée dans la liste de longs métrages du cinéaste, le film est un essai sans parole, accroché aux basques d’un combattant parcourant les routes de la région québécoise sans but apparent. En suivant les égarements de son personnage, Denis Côté revient sur des thèmes qui ont nourri une bonne partie de sa filmographie, notamment la crainte de l’inconnu, l’isolement révélateur ou encore le refus de conformisme. On pense aux soldats réfugiés en forêt de son moyen métrage Les lignes ennemies, réalisé en 2010, ou encore à la fuite en avant du protagoniste de son premier long Les états nordiques.

Tourné en quelques jours à l’automne 2018, Wilcox met en vedette Guillaume Tremblay (Que ta joie demeure et Répertoire des villes disparues), et s’appuie sur la participation de quelques proches collaborateurs du cinéastes, dont François Messier-Rheault à la photographie (Ta peau si lisse et Répertoire des villes disparues).

Wilcox a été présenté en première mondiale dans la section « Fuori concorso » de la 72e édition du festival de Locarno et devrait être présenté au public montréalais au courant de l’automne 2019.

Denis Côté et Guillaume Tremblay sur le tournage de Wilcox

Denis Côté et Guillaume Tremblay sur le tournage de Wilcox (source image: Denis Côté)

Q&A du réalisateur

On sent bien que le film ne veut pas révéler beaucoup sur ce personnage errant et fantomatique. Mais que pourrait-on dire de plus sur lui?

C’est effectivement le jeu du film de laisser flotter l’identité de cet aventurier. Je crois que c’est quelqu’un qui cherche à s’ancrer. On pourrait penser qu’il est beau dans sa liberté, qu’il est quasi héroïque dans sa façon de tourner le dos à la civilisation; mais je ne veux pas laisser de côté sa part sombre. C’est possiblement aussi un être perdu et sans grandes ressources. J’aime que le film oscille entre le désespoir et la grande soif de liberté. La seule identité dont peut se vanter Wilcox est celle qu’on a cousue à sa veste. Il existe entre le visible et l’invisible.

La proposition visuelle donne l’impression d’assister à une rêverie…

Absolument. Au tournage, nous avons expérimenté avec toutes sortes d’obstructions dans l’image: des miroirs, des bouts de plastiques fixés à la lentille de la caméra, un prisme chinois. Puis nous avons exploré des effets de distorsion en postproduction. Le but reste le même: nous garder éloigné de ce Wilcox de qui on ne sait rien. Sa quête est indéfinissable, inaccessible et magnétique. Ses jours sont tour à tour inquiétants, touchants, incompréhensibles parce que jamais psychologisés.

On présente au spectateur de courtes biographies de personnages qui ont réellement existé. Comment le film dialogue-t-il avec le destin de ces ermites ou voyageurs hors-normes?

Avant de commencer le projet, j’ai lu ce que je pouvais trouver sur ces mystérieux personnages. Certains sont plus connus que d’autres. Mon projet est trop modeste pour prétendre à des bribes de biographies de chacun. Ce sont des échos. Wilcox réunit des détails, des humeurs, des envies, des cibles et probablement des pathologies de ces aventuriers aux destins tragiques. On ne célèbre pas leurs parcours et leurs choix de vies, ce serait trop facile. On les questionne sans les juger.

C’est votre 12e film, et un énième objet à très petit budget, tourné en dehors du système. À quelle impulsion répond un tel projet?

Ces films sont faits avec une liberté et une énergie qui me sont essentielles. Il y a un plaisir à travailler en petite équipe en dehors de toutes règles et de toute pression. Ils ne sont pas faits avec un esprit calculateur. J’ai appris avec le temps qu’ils me nourrissent pour la suite. Je ne réfléchis pas à l’ambition de ces films. Le sujet même du film est ce personnage qui avance sans se soucier des règles de la civilisation autour de lui. Il est libre. Le film est libre, sans se soucier de trouver un public X ou Y.

Q&A du réalisateur extrait du dossier de presse de Wilcox fourni par Inspiratrice et Commandant

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