Gros Bill, Le – Film de René Delacroix et Jean-Yves Bigras

Produit par Renaissance Films en 1949, Le gros Bill est une chronique rurale réalisée par René Delacroix et Jean-Yves Bigras. Il s’agit du cinquième long métrage de fiction québécois sorti en salle.

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Extrait d'une scène du film Le gros Bill (source filmsquebec.com)

Extrait du film Le gros Bill – de g. à d. Paul Guèvremont, Ginette Letondal, Maurice Gauvin, Amanda Alarie (source filmsquebec.com)

Produit par Renaissance Films en 1949, Le gros Bill est une chronique rurale réalisée par René Delacroix et Jean-Yves Bigras. Il s’agit du cinquième long métrage de fiction québécois à être sorti en salle dans la Province. Le film raconte le sort d’un garçon dont les parents ont émigré au Texas qui revient au Québec afin de prendre possession d’un héritage. Le rôle-titre, un homme de 6’5″, est tenu par Yves Henry dont ce fut la seule apparition notable au grand écran. Plusieurs comédiens habitués des planches et de la radio canadienne-française lui donnent la réplique.

À l’instar de Le curé du village, Le gros Bill est campé en région et évoque l’importance de la religion et des traditions campagnardes. L’imaginaire populaire en vogue en ce temps là est très présente. L’étranger, accepté dans la communauté, car désireux de s’adapter aux langage et aux coutumes, fait cependant face à des difficultés de taille pour être entièrement considéré au sein de la collectivité québécoise. Après plusieurs épisodes dramatiques, Bill intégrera finalement sa nouvelle contrée.

Le gros Bill a été réalisé par l’honnête artisan français René Delacroix assisté du Québécois Jean-Yves Bigras qui signa quelques séquences, dont celle de la drave, reconnue pour être l’un des moments marquants. Delacroix, dont on dit que ce fut le projet le plus probant de sa carrière canadienne, tournera par la suite quelques productions québécoises, dont Tit-Coq avec Gratien Gélinas (1952). À la direction photo on relève la présence de Jean Bachelet, également responsable des images de certaines mises en scène de Sacha Guitry. Le film est resté deux semaines à l’affiche du St-Denis, attirant environ 40 000 spectateurs et connut un succès raisonnable dans les autres salles qui le présentait.

Extrait d'une scène du film Le gros Bill - prière en famille (source filmsquebec.com)

Extrait d’une scène du film Le gros Bill – prière en famille (source filmsquebec.com)

Réception critique

Salué par la presse de l’époque comme un événement marquant de la jeune cinématographie québécoise, Le gros Bill n’a pas laissé de traces impérissables dans les esprits et obtint des critiques mitigées. Il faut préciser cependant que le scénario du film semble avoir été travaillé puis retouché par plusieurs auteurs avant de voir le jour. Voici ce que disait Léon Franque dans La Presse du 21 septembre 1949 : « Même que ceux qui ne croyaient pas au cinéma canadien étaient bien forcés de reconnaître leur erreur et que Le Gros Bill constituait une preuve nouvelle de la vitalité de notre jeune industrie cinématographique. Celle-ci est encore à l’époque héroïque, et l’on serait mal venu d’exiger d’elle le pur chef-d’œuvre. Nous avons totale confiance qu’elle arrivera parce que ses artistes comme ses artisans, ses techniciens comme ses commanditaires, ont de la vision et une volonté tenace de ne pas se laisser rebuter par les maladresses du départ, les quelques fautes imputables à tout début. L’essentiel, c’est l’outil qui existe, avec toute une équipe de jeunes gens de mieux en mieux familiers de son maniement. Rien de tout ceci n’existait, il y a quelques années ».

Même son de cloche pour Jacques Giraldeau qui se réjouissait de voir une industrie cinématographique locale lancée de si belle manière. Voici un extrait de son texte paru dans le journal Le Front ouvrier du 24 septembre 1949 : « Le Gros Bill, disons-le tout de suite, n’est pas un chef-d’oeuvre, ni même un grand film. Le succès commercial qu’on escomptait et les transformations que l’on a fait subir au scénario initial le laissaient prévoir. Seulement, les Distributions Renaissance présentaient au public un film qui se tient, dont la texture formelle peut soutenir des comparaisons avec n’importe quel film commercial produit dans le monde. Nous avons affaire à une comédie typiquement québécoise, qui renferme des séquences vraiment très drôles, des moments cocasses et d’une piquante réalité, qui a, au surplus, le mérite d’être intelligemment conduite. Le scénario est amusant et les dialogues pleins de saveur; Jean Palardy, je le crois, n’a déçu personne. La distribution, qui était d’une grande importance pour ce film, est excellente dans l’ensemble. »

Photo de tournage du film Le gros Bill (source filmsquebec.com)

Photo de tournage du film Le gros Bill (source filmsquebec.com)

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