Club Vinland, Le – Film de Benoit Pilon

Campé dans un collège de garçons à la fin des années 1940, ce quatrième long métrage de fiction du cinéaste peut se voir comme une version masculine de La passion d’Augustine.

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Après Ce qu’il faut pour vivre, Décharge et Iqaluit en 2017, Benoit Pilon propose Le Club Vinland, son quatrième long métrage de fiction. Le film se déroule en 1949 dans un collège de garçons et relate l’histoire d’un frère enseignant convaincu que les vikings se seraient installés dans la région de Charlevoix, et seraient donc les premiers découvreurs de l’Amérique. Sûr de son fait, il entraîne ses jeunes étudiants dans d’importantes fouilles archéologiques, et, ce faisant, tente de ramener dans le droit chemin un élève en phase de décrochage.

Inspiré par le célèbre Dead Poets Society (Peter Weir, 1989), le film s’apparente aussi à une version masculine de La passion d’Augustine de Léa Pool. Le Club Vinland a été scénarisé par le cinéaste, Normand Bergeron et Marc Robitaille, également coauteur des Histoires d’hiver de François Bouvier et de Un été sans point ni coup sûr de Francis Leclerc.

« L’avant-Révolution tranquille a très peu été traitée au cinéma. Pourtant, déjà, on sentait que quelque chose se préparait. Au sein même de l’église, il y avait des personnes qui prônaient des changements. » (Benoit Pilon en entrevue à La Voix de l’Est – Granby)

À noter qu’il s’agit du dernier projet sur lequel a travaillé le regretté directeur artistique Patrice Bengle.

À l’origine, le film s’appelait simplement Vinland. La sortie en salle, initialement fixée au 17 avril 2020, a été reportée au 2 avril 2021 en raison de la pandémie de Covid-19.

Mot du réalisateur

Nous avons tous déjà eu dans notre parcours un enseignant inspirant dont la passion aura eu un impact sur nos choix de vie. Le rôle de ces mentors se révèle encore plus important lorsqu’ils exercent leur influence positive dans une société sclérosée et répressive qu’ils cherchent à faire évoluer, souvent au risque de leur propre confort ou de leur sécurité. C’est ce thème universel qui m’a touché dans cette histoire pleine d’espoir et de tendresse, campée dans un Québec d’après-guerre (1949) encore sous le joug de la religion catholique et des traditions, mais qui voit poindre à l’horizon la perspective de grands bouleversements. Ce n’est pas encore la Révolution tranquille, mais les facteurs du changement commencent à émerger ici et là, même au sein des communautés religieuses. Parmi ces êtres de lumière qui portent en eux la volonté de s’ouvrir au monde et de remettre en question certains dogmes, la figure du frère Jean brille par sa passion pour le savoir et l’éducation des jeunes. J’ai tout de suite adhéré à ce personnage de fiction qui évoque des figures historiques comme le frère Marie-Victorin, l’Abbé Proulx et le Frère Untel, mais qui rappelle aussi à chacun d’entre nous un éducateur passionné qui aura compté dans notre parcours à l’adolescence, ce moment crucial de notre de vie où ces guides tracent dans notre jeune cerveau une empreinte indélébile. Substitut de figure parentale, frère Jean est conscient de l’importance de son rôle et il le prend au sérieux. Il sait parler aux jeunes, susciter leur intérêt, éveiller leur curiosité et leurs passions. Il croit au potentiel de ses élèves et veut rêver avec eux d’un avenir meilleur, plus ouvert et plus juste. Mais ses façons de faire non orthodoxes dérangent la direction de la communauté et provoqueront des tensions et des revirements.

La passion de frère Jean pour le Vinland, les Vikings et l’archéologie, qu’il réussit à communiquer à ses jeunes, apporte au film une couleur originale. Pour l’époque, il s’agit d’une remise en question des idées reçues sur la découverte de l’Amérique qui pouvait paraître totalement farfelue. C’est d’ailleurs ce qu’en pensent frère Cyprien et le frère Visiteur (Roséa). Pourtant, les découvertes archéologiques de l’Anse-aux-Meadows à Terre-Neuve au début des années 1960, viennent donner à l’intuition de Jean un certain fondement scientifique. Pour le public d’aujourd’hui, ce film est l’occasion de traiter d’un aspect mystérieux de notre histoire tout en mettant en scène des moments amusants, cocasses ou intrigants autour de cette quête de la terre perdue des Vikings en Amérique.

Mot du réalisateur extrait du dossier de presse fourni par Les Films Opale

Résumé

Un collège de garçons de l’est du Québec à la fin des années 1940. Adulé de ses élèves mais perçu comme trop dérangeant par les supérieurs de sa congrégation, le charismatique Frère Jean est un progressiste annonciateur des changements à venir dans le Québec des années 1950 et 1960. Voulant à la fois résoudre une énigme historique, motiver ses élèves et empêcher le décrochage d’Émile, un étudiant en difficultés, Frère Jean entreprend de conduire des fouilles archéologiques visant à prouver l’établissement d’une colonie Vikings (le Vinland) sur la côte du Saint-Laurent. L’entreprise bouleversera la vie du collège et laissera sa marque sur les destins du jeune Émile – et de Frère Jean lui-même. (Officiel)

Distribution

Sébastien Ricard (Frère Jean), Rémy Girard (Frère Léon), François Papineau (Frère Cyprien), Fabien Cloutier (Frère Lucien), Émilie Bibeau (Marguerite), Xavier Huard (Frère Mathieu), Arnaud Vachon (Émile Lacombe), Alexandre Perreault (Jérôme), Alexis Guay (Chouinard), Xavier Rivard-Désy (François), Guy Thauvette (Frère Roséa)

Fiche technique

Genre: drame historique - Origine: Québec, 2019 - Durée: 2h05 - Image: 1.85:1 - Langue V.O.: Français - Visa: en attente - Première: 1 avril 2021 - Sortie en salles: 2 avril 2021 - Tournage: 29 jours entre le 15 février et la fin mai 2019, à Montréal, Saint-Césaire et dans la région de Charlevoix - Budget approximatif: 4,1 M$

Réalisation: Benoit Pilon - Scénario et dialogues: Normand Bergeron, Marc Robitaille, Benoit Pilon - Production: Chantal Lafleur - Société de production: Productions Avenida avec la participation financière de Téléfilm Canada, SODEC, Fonds Harold Greenberg, Radio-Canada, Super Écran, Fonds indépendant de production (FIP), crédits d'impôts fédéraux et provinciaux - Distribution: Les Films Opale

Équipe technique - Conception artistique: Patrice Bengle - Conception sonore: Olivier Calvert - Costumes: Francesca Chamberland - Direction artistique: Louise Tremblay - Distribution des rôles: Daniel Poisson, Pierre Pageau - Mixage: Bernard Gariépy-Strobl, Stéphane Bergeron - Montage images: Richard Comeau – Musique: Pierre Lapointe, Guido Del Fabbro - Photographie: François Gamache - Son: Gilles Corbeil

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