Corps célestes, Les – Film de Gilles Carle

Septième réalisation de Gilles Carle, Les corps célestes nous plonge dans le Québec des années trente. Après les succès critiques et public rencontrés par les précédentes réalisations du cinéaste, cette comédie potache fut un important échec commercial.

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Micheline Lanctôt et Carole Laure dans Les corps célestes

Micheline Lanctôt et Carole Laure dans Les corps célestes

Laure, Pilon, Lanctôt, dans Les corps célestes, Gilles Carle retrouve quelques uns de ses comédiens et amis. Mais si cette coproduction avec la France est produite dans la foulée des incontournables que sont La vraie nature de Bernadette, les mâles et La mort d’un bûcheron, elle ne connut pas – loin s’en faut – le même succès.

Censée déboulonner les tabous (voir plus bas la citation d’un journal populaire montréalais), cette septième réalisation de Gilles Carle s’avérait finalement bien plus potache que mordante. Robert-Claude Bérubé dans la Revue Séquences () n’y allait pas par quatre chemins en disant : Ici, la pitance est pauvre. Tout tourne autour de l’établissement d’une maison de passe dans un village éloigné et les axes qui forment un semblant d’intrigue sont les efforts du souteneur pour réduire la résistance d’une nouvelle recrue encore vierge et l’opposition du curé qui se résorbe en une crise de folie amenée par de trop longues frustrations. On voit à quel niveau de finesse cela se situe. De longs moments sont perdus en des commentaires sur la décoration des chambres où les grandes trouvailles consistent à installer un portrait de Karl Marx dans la pièce réservée aux ouvriers et d’aménager celle des patrons en simili-harem. Sur un ton monotone, gêné par les exigences d’un français quasi international demandé par la co-production, Donald Pilon fait les honneurs de la visite; on est loin de la faconde déployée par le même acteur dans Le Viol d’une jeune fille douce et encore plus de la truculence des Mâles.

Le film fut un cuisant échec au Québec, tandis qu’en France, où il sortit après sa présentation à Cannes en 1974, il ne parvint pas à rejoindre plus de 45 000 spectateurs, sans doute attirés par la présence au générique de Carole Laure.

À noter que le film avait été classée dans la catégorie « 13 ans et plus » à sa sortie. Il a été reclassé « Général » en février 2009 à l’occasion de sa sortie en DVD.

Gilles Carle défonce, dépasse, les derniers tabous du cinéma québécois
– Le petit journal, 23 septembre 1973

Carole Laure  et Donald Pilon dans Les corps célestes

Carole Laure et Donald Pilon dans Les corps célestes

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