Radius – Film de Caroline Labrèche et Steeve Léonard

Radius est un thriller de science-fiction réalisé par Caroline Labrèche et Steeve Léonard, auteurs de la comédie décalée Sans dessein en 2009.

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Image extraite du film Radius de Caroline Labrèche et Steeve Leonard (source: Dread Central)

Image extraite du film Radius de Caroline Labrèche et Steeve Leonard (source: Dread Central)

Radius est un thriller de science-fiction réalisé par Caroline Labrèche et Steeve Léonard, qui avait signé la comédie décalée Sans dessein (2009). Les amateurs de cinéma de genre seront sans doute nombreux au rendez-vous proposé par cette production derrière laquelle on retrouve plusieurs artisans à l’origine de l’incontournable Turbo Kid.

Mettant en vedette les canadiens Diego Klattenhoff (Pacific Rim) et Charlotte Sullivan (Rookie Blue), le film relate l’histoire d’un amnésique doté d’un pouvoir dévastateur.

Radius aura droit à une première mondiale fort attendue qui aura lieu durant le Festival Fantasia 2017 en juillet. Une suite logique des choses puisque le projet original du film avait été présenté lors du tout premier Marché de coproduction internationale Frontières en 2012. Proposé aux acheteurs du marché du film à Cannes en mai dernier, le film a été vendu dans plusieurs territoires, dont l’Italie, le Mexique et le Japon.

Image extraite du film Radius de Caroline Labrèche et Steeve Léonard (Liam et Jane blessée) - Crédit Thomas Fricke

Image extraite du film Radius de Caroline Labrèche et Steeve Léonard (Liam et Jane blessée) – Crédit Thomas Fricke

Entrevue avec les réalisateurs

À quoi ressemble votre relation de travail, considérant que vous êtes deux à partager le rôle de réalisateur ? Partagez-vous les tâches, un peu comme le font les frères Coen, par exemple ?

Steeve Léonard : Il n’y a rien de très défini, c’est comme deux personnes qui dansent le tango ensemble depuis vingt ans – tout coule par soi-même. Si je devais le définir, je dirais que je travaille un peu plus avec les acteurs et que Caroline reste avec le directeur photo afin de déterminer que le plan est vraiment ce que nous avions en tête. Quand nous commençons à tourner, nous faisons une ou deux prises, et ensuite nous nous parlons pour nous assurer que nous sommes d’accord sur ce que nous voyons – ce qui est presque toujours le cas.

Caroline Labrèche : S’il y a des variantes que seulement l’un de nous veut essayer, nous nous chargeons de les tourner rapidement. La clé, bien sûr, c’est d’être le plus préparé possible. Nous faisons la liste des plans ensemble, nous discutons de tout au préalable : le fait que nous avons écrit le scénario ensemble aide beaucoup, dans le sens où nous sommes déjà tous deux au courant des intentions de la scène.

Quand vous avez entamé les recherches afin de trouver des producteurs et du financement pour faire ce film, vous deviez avoir certaines attentes. Pouvez-vous nous parler de ce qui s’est passé comme vous vous y attendiez, et qu’est-ce qui fut votre plus grande surprise?

SL : Nous avons commencé à écrire le scénario de Radius en 2006, alors il va sans dire que le film existait dans nos têtes depuis très longtemps ! Il a changé beaucoup au fil des ans, et chaque version a marqué notre imagination jusqu’à ce jour. Nous avons littéralement 2 ou 3 films nommés Radius qui vivent à l’intérieur de nous à tout moment. C’est drôle parce qu’on ne se débarrasse jamais vraiment de ceux-là ; ils nous habitent pour toujours.

CL : Pour ce qui est de nos attentes, nous avons vraiment écrit le film avec l’idée que ce film allait être produit par J.J. Abrams ! Plus ça avançait, plus nous savions que ça n’allait pas être possible. À force de regarder d’autres films avec des budgets tournant autour de 2 millions, nous avons aussi commencé à comprendre quelques aspects. Quand nous avons finalement commencé à travailler avec EMAfilms, nous savions plus ou moi à quoi nous attendre au niveau du budget.

SL : Cela étant dit, nous avons tout de même fini par faire à peu près la moitié de ce que nous voulions vraiment faire. Ultimement, les spectateurs ne s’en rendent pas compte – tout est là, le film coule, les acteurs sont super – et en fin de compte, c’est l’histoire qui compte. L’histoire, c’est tout.

Image extraite du film Radius (Liam et voiture) - Crédit Thomas Fricke

Image extraite du film Radius de Caroline Labrèche et Steeve Léonard (Liam et voiture) – Crédit Thomas Fricke

Comment avez-vous géré les épreuves qui viennent avec le tournage d’un film à petit budget – ces moments où vous deviez changer ou enlever certains éléments du film?

CL : Nous avons toujours travaillé avec des petits budgets. Notre premier film, SANS DESSEIN, n’a couté que $15,000 canadiens ! Disons que nous savons nous débrouiller avec peu. Cela étant dit, quand la pause du dîner arrivait chaque jour et que nous devions regarder ce qu’il restait à faire pour le reste de la journée, la question est toujours « qu’est-ce qui est absolument essentiel pour raconter cette histoire ? » Si nous ne pouvons pas nous permettre de faire ce mouvement de caméra complexe, est-ce qu’il y a une autre façon de faire passer la même émotion ou le même détail narratif ? Si la réponse est oui, eh bien, la décision est prise. Et nous étions d’accord avec ça – nous savions dès le départ que tout cela était probable.

Pouvez-vous nous parler de certains des films ou des réalisateurs qui ont eu une influence sur l’écriture ou la réalisation de Radius?

SL : Le film qui a eu le plus grand impact sur nous était OLDBOY, de Park Chan-wook. Quand ce film-là s’est terminé, nous nous sommes dit « c’était complètement fou – nous devrions faire quelque chose comme ça ! » Au début du processus d’écriture, Radius était en fait une version sci-fi d’OLDBOY ! Mais comme bien des gens vous diront, parfois le scénario prend son propre chemin et c’est à nous de le suivre.

En fait, l’idée du pouvoir-malédiction de Liam venait de quelque chose que j’ai lu en ligne à propos d’une bande dessinée de Superman parue dans les années 80. L’histoire tournait autour du fait que Superman était prisonnier par-dessus la terre, et il ne pouvait pas s’approcher de Lois Lane ou elle allait mourir – quelque chose dans le genre.

C’est de là qu’est partie l’idée que Liam ne peut s’approcher de personne. Dans les premières versions du scénario, il se cachait des autres beaucoup plus longtemps – nous mettions beaucoup plus en relief l’isolation. Plus tard, quand le scénario s’est mis à se préciser, nous nous sommes beaucoup inspirés de THE GIRL WITH THE DRAGON TATTOO de David Fincher et de la série BREAKING BAD.

CL : Nous n’avions pas vraiment l’idée d’imiter quelque chose ou quelqu’un en particulier, et même sur le plateau – je veux dire, nous sommes définitivement cinéphiles – nous n’étions pas vraiment en train de dire des choses comme « wow, essayons ce plan à la Spielberg ou à la Sergio Leone ».

SL : En fait, peut-être un peu… (rires)

Comment fut le processus du casting? Comment avez-vous décidé de prendre Diego et Charlotte?

CL : Honnêtement, le processus de casting était la partie la plus stressante de toute la production, et ce probablement pour tout le monde – des producteurs en passant par les distributeurs. C’est un long processus : faire des listes, vérifier des disponibilités, faire des offres… En fin de compte, EMAfilms a décidé de faire une distribution ouverte et de nous laisser choisir les acteurs les plus talentueux à partir de ça. C’est finalement ce processus qui nous a menés vers Diego Klattenhoff et Charlotte Sullivan.

SL : Nous connaissions Diego à travers son travail sur HOMELAND, mais encore plus important, nous avons vu son audition (une de plusieurs) et nous étions simplement bouche bée. Nous avons pensé « ce gars est Liam, c’est juste comme ça » ! Nous avons choisi Charlotte le lendemain, en nous basant sur son audition également. Elle a fait deux versions différentes des scènes qu’elle lisait, ce qui était très utile pour nous – nous pouvions vraiment voir l’étendue de son talent ainsi que ses instincts de comédienne. Ultimement, ils ont signé leur contrait seulement quatre jours avant le début du tournage. Alors, ouais… un processus stressant ! Ce qui compte, en fin de compte, c’est que nous adorons leur travail dans le film et ne pouvons pas nous imaginer d’autres acteurs dans ces rôles !

Image extraite du film Radius de Caroline Labrèche et Steeve Léonard (Liam et Jane et les flics) - Crédit Thomas Fricke

Image extraite du film Radius de Caroline Labrèche et Steeve Léonard (Liam et Jane et les flics) – Crédit Thomas Fricke

Le film fut tourné au Manitoba. Qu’est-ce qui vous attirait de ces lieux de tournage particuliers?

CL : Le sud du Manitoba est plat. Vraiment plat. Et il possède des paysages qui s’étendent éternellement. C’était un bon endroit pour tourner parce que nous voulions faire beaucoup de plans larges, surtout dans la première partie du film, parce que nous voulions vraiment que les gens ressentent la distance qui entoure Liam. Pour ceux qui ne savent pas, la devise du Manitoba est « Friendly Manitoba » (Amical Manitoba), ce qui nous a aussi beaucoup aidés. Comme c’était un petit plateau, nous devions faire des choses comme trouver des endroits de tournage nous-mêmes en tant que réalisateurs. Sans la gentillesse des gens du coin, je doute que nous ayons pu utiliser certains des endroits que nous avons utilisés.

La musique, le son et les effets visuels furent une partie importante du processus de postproduction. Pouvez-vous nous parler de votre relation avec le musicien Benoît Charest, le concepteur sonore Sylvain Bellemare et le producteur d’effets visuels Jean-François Ferland?

SL : Nous avions déjà travaillé avec JF Ferland, et nous savions que lui et son équipe allaient être capable de nous livrer non seulement ce dont nous avions besoin, mais qu’ils allaient aussi pouvoir rajouter leur point de vue artistique au film. Ils ont fait du superbe travail avec les ressources limitées qui leur étaient allouées. Avec le genre de budget et d’horaire que nous avions, nous n’avions pas toujours le temps de tourner les éléments nécessaires aux effets visuels ou les « plates » d’arrière-plan ; c’était très souvent tel quel et ALCHEMY 24 devait redoubler d’efforts pour compléter certains plans. Quant à Benoît Charest, notre première rencontre avec lui fut un peu confondante : il est très réservé, il a l’air très sérieux et il est très grand ! Au final, c’est un grand blagueur – tout comme nous. Il aime raconter des blagues absurdes et il est très sympathique. Il était très à l’écoute de ce que nous avions à dire, et l’expérience s’avéra très collaborative. Ce n’est pas évident à cerner comme trame sonore – il y a beaucoup de changements de ton et, si vous prêtez attention, vous remarquerez que nous ne recyclons les thèmes musicaux qu’une ou deux fois dans tout le film !

CL : Travailler avec Sylvain Bellemare était pareil ; il est vraiment relax. Même quand il devait voyager aller-retour aux Oscars et nous avions beaucoup de pression avec l’horaire de mixage, il n’a jamais ronchonné. C’est un rocher ! Un rocher talentueux.

Entrevue tirée du dossier de presse du film

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