Mon fils ne revint que sept jours est une drame psychologique écrit et réalisé par Yan Giroux d’après le roman homonyme de David Clerson paru en 2023.
Dans ce deuxième long métrage de fiction, le réalisateur d’À tous ceux qui ne me lisent pas (2018), aborde l’amour maternel, la solitude, l’absence, la santé mentale et le désespoir. Des thèmes sombres encapsulés dans les retrouvailles tendues entre une mère et son fils qu’elle n’a pas vu depuis plusieurs années. Ce film minimaliste et emprunt de mystères est porté par la présence de seulement deux comédiens : Marie-France Marcotte (Niagara, Frontières) et Francis La Haye (Tu dors Nicole, Les oiseaux ivres, Phénix).
Présenté en première mondiale en septembre 2025 lors du Atlantic International Film Festival et en première québécoise au FNC le mois suivant, Mon fils ne revint que sept jours sort sur quelques écrans québécois le 1 mai 2026.
Entrevue avec Yan Giroux
Qu’est-ce qui vous touchait dans cette histoire ?
La façon dont David utilise la nature pour penser notre rapport à la mort en replaçant l’humain au coeur du vivant, comme une matière organique, c’est le culte du corps compost! Je veux sortir d’une vision binaire de la vie et de la mort qui sont trop souvent présentés comme deux mondes distincts. Quand on observe la nature, on remarque que ces deux états sont plus poreux, interreliés qu’on veut le croire. Ce cycle — vivre, mourir, renaître — irrigue tout le film. Les tourbières, symboliquement portes entre les mondes, contiennent des corps intacts vieux de 2000 ans. Alors que les champignons recyclent la mort en vie. J’aimais que tout cela traverse l’histoire sans explication didactique ou symbolisme trop appuyé. C’est de la fiction, mais il y a un côté observateur, documentaire dans la façon très concrète qu’on a de filmer le réel. J’ai aussi été intéressé par la dynamique mère-père-fils, qui est d’une temporalité troublante, sans sentimentalisme. Le film donne plus dans la tragédie que dans le drame; il y a une dimension un peu mythique à cette histoire.
David Clerson a-t-il participé au scénario ?
Il m’a offert une liberté totale tout en collaborant généreusement aux différentes étapes. Je lui ai lancé mille idées — certaines très éloignées du résultat final — et il m’a simplement dit : «Je fais confiance à ta vision. » Il savait qu’une nouvelle oeuvre allait naître à partir de la sienne et ne m’a jamais ramené au texte comme une vérité à respecter, mais j’ai toujours voulu rester fidèle à l’esprit du livre. Et je savais que ça se ferait naturellement comme on a tourné sur le territoire qui a inspiré David pour son roman (là où l’écrivain possède un chalet familial). Il nous a guidés en forêt pour trouver les lieux de tournage et il a même joué le père nu dans la tourbière!
Votre cinéma s’intéresse souvent à des figures en marge. Qu’est-ce qui vous attire vers ces personnages ?
Je suis quelqu’un de plutôt docile, qui fonctionne bien dans un cadre, avec des règles. Me confronter à des êtres plus libres que moi est une manière de questionner ma propre do-mestication — et d’une certaine manière de me «dé-domestiquer». Je suis fasciné par les gens libres qui sortent du système (par exemple, dans mon documentaire Élégant, j’observais le band Chocolat; dans À tous ceux qui ne me lisent pas, j’explorais la vie du poète Yves Boisvert). Dans Mon fils ne revint que sept jours, le fils de Suzanne, Mathieu, incarne cette liberté radicale : il revient, habité d’une force qui dépasse les codes sociaux. Observer ces existences me nourrit et me stimule, même si je n’assume pas une telle radicalité dans ma vie.
Visuellement, vous avez choisi le format 4:3 et des coins arrondis. Quelle était votre intention ?
Le ratio 4:3 permet de travailler la verticalité et de penser le rapport des personnages à l’espace d’une autre façon. Je voulais que les personnages soient petits mais centraux, comme écrasés, transcendés, et magnifiés à la fois. Ça explore un rapport intéressant entre l’être humain et la nature. Les coins ronds rappellent la diapositive et la photographie argentique du personnage de Suzanne. Plutôt qu’une tranche découpée du réel, le cadre devient une petite fenêtre par laquelle on observe un monde à la fois intime et intemporel.
Les extraits de l’entrevue avec Yan Giroux reproduits ci-dessus sont tirés du dossier de presse du film.
Résumé
Suzanne, une femme vivant isolée en forêt, voit sa vie bouleversée lorsque son fils Mathieu réapparaît après des années d’absence. Hanté par les souvenirs de leur passé commun, Mathieu désire emmener sa mère à la tourbière, un lieu caché dans la forêt où ils avaient l'habitude jadis d'aller se réfugier. Elle l'endissuade, puis, finit par céder à sa demande et l’accompagne. En chemin, mère et fils tissent une complicité fragile.
©Charles-Henri Ramond
Distribution
Marie-France Marcotte (Suzanne), Francis La Haye (Mathieu)
Fiche technique
Genre: drame psychologique - Origine: Québec, 2025 - Durée: 1h20 - Langue V.O.: Français - Visa: général - Images: couleurs, ratio 1.33:1 - Tournage: automne 2024, notamment au Lac des îles à Saint-Boniface, en Mauricie - Première en salle: 11 septembre 2025, Atlantic International Film Festival - Date de sortie: 1 mai 2026
Réalisation: Yan Giroux - Scénario et dialogues: Yan Giroux, d'après le roman de David Clerson - Production: Yan Giroux, Louis-Emmanuel Gagné-Brochu - Sociétés de production: Brompton Films, Déjà Vu avec la participation financière de Téléfilm Canada, de la SODEC, du CALQ, du CAC et des crédits d'impôts fédéraux et provinciaux - Distribution: Films du 3 mars
Équipe technique - Assistante réalisation: Gabrielle Gingras - Colorisation: William Albu - Conception sonore et visuelle: Marie-Pierre Grenier - Direction artistique: Geneviève Boiteau - Maquillages et coiffures: Chanty Tang Tremblay – Mixage sonore: Bruno Bélanger - Montage images: Alexis Viau - Musique: Marc-Antoine Barbier - Photographie: Olivier Laberge - Prise de son: Simon Lacelle, Yecine Meliani
Affichiste : Mathieu Jacques




