Whispering City – Film de Fedor Ozep

Tourné à Québec en même temps que sa version française, Whispering City est un polar raffiné réalisé par le cinéaste russe Fedor Ozep.

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Paul Lukas et Helmut Dantine dans Whispering City de Fedor Ozep - (Capture VOD - ©filmsquebec.com)

Paul Lukas et Helmut Dantine dans Whispering City de Fedor Ozep – (Capture VOD – ©filmsquebec.com)

Whispering City est un drame policier réalisé en 1946 par le célèbre cinéaste d’origine russe Fedor Ozep (1895-1949), pour qui ce fut le dernier film. Il s’agit de la version anglaise du film La forteresse. Ce film diffère de la version française par ses premiers rôles, tenus par des américains et non des québécois, ainsi que par un montage raccourci de huit minutes.

Produit avec un budget pharaonique pour l’époque, et qui restera presque trente ans inégalé, Whispering City n’eut pas le succès escompté auprès du public états-unien. Le film est aussi connu sous le titre Crime City, nom attribué lors de sa seconde sortie américaine en 1952.

Mary Anderson et Helmut Dantine dans Whispering City de Fedor Ozep - (Capture VOD - ©filmsquebec.com)

Mary Anderson et Helmut Dantine dans Whispering City de Fedor Ozep – (Capture VOD – ©filmsquebec.com)

Bien que le scénario soit en tout point similaire à la version française, Whispering City se démarque de La forteresse par un montage raccourci de 8 minutes, essentiellement lors de la scène d’introduction, lorsque le cocher raconte à ses clients le terrible secret. Dans la version française, la scène dure plus de trois minutes, alors que la version anglaise la résume en moins de deux minutes. Ainsi expédié, le prologue de Whispering City n’installe que très peu l’histoire dans l’action.

Whispering City de Fedor Ozep (scène finale, le filc tue Albert) - (Capture VOD - ©filmsquebec.com)

Whispering City de Fedor Ozep (scène finale, le filc tue Albert) – (Capture VOD – ©filmsquebec.com)

Outre cette différence de montage, les deux films se distinguent par une interprétation ayant une tonalité propre. Ainsi, en version anglaise, le personnage d’Albert (le méchant), est incarné par le grand comédien hongrois Paul Lukas (Berlin Express de Jacques Tourneur), aguerri aux rôles de salauds, qui donne au film une vraie plus-value sur la version française, dans laquelle son pendant, incarné par Jacques Auger, semble un peu trop raffiné pour le rôle. Mary Anderson (Gone With The Wind, Lifeboat d’Alfred Hitchcok, The Song Of Bernadette d’Henry King) incarne la jeune journaliste sans peur et sans reproches. Elle est plus mutine et plus enfantine que son homologue interprétée par Nicole Germain, mais ne possède toutefois ni la profondeur ni surtout l’humour piquant de la comédienne québécoise.

Affiche américaine du film Whispering City - Renommé Crime City en 1952

Affiche américaine du film Whispering City – Renommé Crime City en 1952

Voir une analyse détaillée de La forteresse.

Résumé

Un cocher raconte à deux touristes une « sombre histoire » qui s'est déroulée jadis et que chuchotent encore les forteresses du Vieux-Québec.

Il y a bien longtemps, Robert Marchand, ami de Renée Brancourt décède dans des conditions inexpliquées. Plusieurs années plus tard, Mary Roberts, journaliste criminelle au papier local, reçoit un coup de fil lui annonçant l'accident de voiture de Renée. Artiste reconnue jadis, elle ferait un bon sujet d'article. Mary convainc alors son éditeur de mener l'enquête. Il l'envoie prendre des renseignements chez Albert Frédéric, un avocat très influent, que les nombreux actes de mécénat ont rendu célèbre.

Tandis que Mary fouille dans l'appartement de Renée qui lui a laissé ses clés, elle découvre un carnet de notes qui pourrait bien livrer de lourds secrets. Pendant ce temps, Albert, qui a tout intérêt à ce que les vieux démons ne ressortent pas, profite du désarroi de Michel, un jeune compositeur sans le sou qu'il protège. Michel, dont le couple vacille de plus en plus, se confie à son ami Albert. Un soir, c'est l'engueulade de trop, Michel quitte Blanche, sa femme hystérique. Michel court se réfugier chez Albert et l'informe de la situation. Profitant du sommeil de son hôte, Albert va chez Michel et découvre Blanche, morte sur son lit.

Le lendemain matin, Albert parvient à convaincre Michel qu'il est nul autre que l'auteur du crime. En échange de son silence et de sa défense, Albert demande à Michel de supprimer Mary...

©Charles-Henri Ramond

Distribution

Paul Lukas (Albert Frederic), Mary Anderson (Mary Roberts), Helmut Dantine (Michel Lacoste), Joy Lafleur (Blanche Lacoste), John Pratt (Edward Durant), Mimi D'Estee (Renee Brancourt)

Dans les deux versions : Lucie Poitras (soeur à l'hôpital), George Alexander (Inspecteur Renaud), Henri Poitras (détective), Richard J. Jarvis (John), J. Leo Gagnon (valet de Frederic), Blanche Gauthier (concierge chez Brancourt), Arthur Lefebvre (cocher), Louis-Philippe Hebert (réceptionniste de l'hôtel), Albert Cloutier (homme dans le traineau), Marc Thibault (journaliste), Roly Young (journaliste), Henri Poulin (journaliste), Vince Lunny, Palmieri (commis), Ovila Légaré (détective), Réjane Desrameaux (soeur du réceptionniste), Teddy Burn-Goulet (responsable d'étage), René Lecavalier, Jean Lajeunesse (reporter), Gordon Jones (reporter), Fernand Denis (journaliste), Ernest Pallascio-Morin (journaliste), Roger Champoux (journaliste)

Fiche technique

Genre: drame policier - Origine: Québec, 1946-1947 - Durée: 1h31 - Langue V.O.: Anglais - Visa: Général - Images: 35mm, format 1:1,37, noir et blanc - Sortie en salles: 20 novembre 1947 aux USA, 23 janvier 1948 au Palace à Montréal - Tournage: Québec, Chutes Montmorency - Budget approximatif: 750 000 $ (pour les deux versions)

Réalisation: Fedor Ozep - Scénario: Rian James, Léonard Lee d'après une idée originale de Michael Lennox et George Zuckerman - Supervision dialogues anglais: John Pratt - Dialogues additionnels: Gina Kaus, Hugues Kemp, Sidney Banks - Script: Jacqueline Descarries, Noélla Pigeon - Directeur de production: Paul L'Anglais - Producteur associé: Roger Woog - Producteur délégué: George Marton - Société de production: Québec Productions Corporation - Distribution: Eagle Lion

Équipe technique - Assistants réalisateur: Paul Cusson, Jean Boisvert - Costumes: M. Andersonn, Helen A. Miron - Effets sonores: Marcel Giguère, Marc Audet - Montage images: Douglas Bagier, Jean Boisvert, Richard J. Jarvis – Musique: Morris C. Davis / Le Concerto de Québec d'André Mathieu interprété au piano par Neil Chotem / chef d'orchestre: Jean Deslauriers - Photographie: Guy Roe, William Steiner - Son: Eddie Fenton