Ville-Marie – Film de Guy Édoin

Second long métrage de Guy Édoin, Ville-Marie est un drame psychologique choral dans lequel les drames individuels de quatre personnages se retrouvent dans une salle d’urgence d’un hôpital montréalais.

http://www.filmsquebec.com/wp-content/uploads/2015/09/ville-marie.jpg

Lien YouTube : http://youtu.be/watch?v=-PvxcPPMdS4

Second long métrage de Guy Édoin, Ville-Marie est un drame psychologique choral dans lequel les drames individuels de quatre personnages se retrouvent dans une salle d’urgence d’un hôpital montréalais. Filmé presqu’entièrement de nuit, le film dépeint des portraits d’êtres mal dans leur peau, empêtres dans une ville en construction constante, et se cherchant des plaisirs artificiels. Au centre de ce mal-être, la maternité, incarnée par deux grandes comédiennes : Pascale Bussières qui retrouve Guy Édoin après Marécages (et dont, étonnamment, le personnage conserve le même nom de Marie Santerre), ici dans un rôle d’infirmière solitaire débordée par la charge de travail et Monica Bellucci qui incarne une comédienne qui tente de renouer avec son fils. Sa participation fut bien entendu largement médiatisée au Québec.

Durant l’automne, le film a eu droit à plusieurs présentations en festival, citons entre autres Toronto, Vancouver, Québec, Sudbury ou Rome.

En 2014, Ville-Marie avait été sélectionné par L’Atelier de la Cinéfondation du Festival de Cannes, qui choisit 15 scénarios dans le monde et invite leurs réalisateurs au Festival de Cannes pour les mettre en contact avec des professionnels.

Monica Bellucci mère idéale? (photo officielle de Ville-Marie, Max Films Média)

Monica Bellucci mère idéale? (photo officielle de Ville-Marie, Max Films Média)

Entrevue avec le réalisateur

Après Marécages, un drame rural, comment est né le récit de ces quatre personnages et le désir de faire un film urbain et nocturne?

Ville-Marie est né d’un besoin de changement et d’un désir de renouveau. Le projet sommeille en moi depuis longtemps. Les premières notes et les premiers synopsis ont évolué côte à côte avec ceux de Marécages, mon premier long métrage. Ce film s’inscrit dans une certaine continuité, toujours en évolution, de mes courts métrages « Les Affluents : Le Pont, Les Eaux Mortes, La Battue » et ensuite Marécages. À travers mes précédents films, j’ai exploré la forme cinématographique et narrative tout en développant un style qui m’est propre. On pourrait le définir sommairement comme étant introspectif et stylisé, mais également excessif et baroque. Des oppositions à partir desquelles des tensions transparaissent tant dans le fil narratif que dans la cinématographie.

Bien que Ville-Marie propose une fiction, je me suis abondamment inspiré de mes premières années à Montréal. Sans être autobiographique, beaucoup de faits y sont véridiques bien que largement romancés : le suicide d’une jeune maman, l’accident, mes premières années à Montréal, le travail sur des plateaux de tournage. Ces évènements vécus de près ou de loin ont contribué à nourrir le scénario. La crédibilité des événements m’apparaît primordiale : les acteurs internationaux en tournage à Montréal sont très nombreux, la situation dans les urgences est insoutenable pour les intervenants, d’anciens membres des forces armées traînent leurs chocs post-traumatiques dans les rues de la ville. En bref, dans le processus scénaristique j’ai besoin d’ancrer mes situations dans le réel, d’avoir l’assurance que ces gens existent, qu’ils respirent, qu’ils espèrent. Par la suite, la mise en fiction a fait son travail.

Parlez-nous du « film dans le film », cette mise en abîme inspirée des années 50?

Depuis longtemps, j’entretiens une fascination pour le cinéma des années cinquante, en particulier pour le mélodrame et son aspect théâtral, ses couleurs éclatantes et ses grandes variations d’émotions. Plus spécifiquement les films de Douglas Sirk, particulièrement All That Heaven Allows. Le tournage de Rue du Paradis dans Ville-Marie est un clin d’oeil à ce film de Sirk et s’inscrit directement dans cette veine, mais avec des thèmes que les années 1950 ne permettaient pas d’explorer (jamais une scène d’avortement n’aurait pu voir le jour à cette époque). Ainsi, l’idée n’était pas de copier le genre, mais de l’actualiser.

Il y avait aussi cette volonté, depuis longtemps, de représenter le cinéma dans un film. Rue du Paradis se veut effectivement une réflexion sur le cinéma et notre rapport à la fiction (souvent plus réconfortante que la réalité), surtout pour le personnage de Sophie. À la fin, grâce à la fiction, devant son fils devenu aussi fragile qu’un nouveau-né, Sophie parvient à démontrer la force et l’authenticité de son engagement maternel. Je dois aussi dire que j’avais un désir de cinéma, d’aller jouer dans des codes, de jouer dans une époque et le fait d’avoir Monica dans ce film amène un côté glamour qui n’est pas fabriqué et qu’elle entraîne avec elle.

Aliocha Schneider n'est pas encore sous le choc... - photo officielle de Ville-Marie (Max Films Média)

Aliocha Schneider n’est pas encore sous le choc… – photo officielle de Ville-Marie (Max Films Média)

Qui sommes-nous ?

Né en décembre 2008, Films du Québec est un site d'information indépendant, entièrement dédié au cinéma québécois de fiction. Films du Québec contient les fiches détaillées des films québécois, des actualités, des critiques et des bandes annonces et bien plus.
Création et administration : Charles-Henri Ramond, membre de l'Association québécoise des critiques de cinéma.

Catégories

Archives