Etres chers, Les – Film d’Anne Émond

Second film d’Anne Émond, Les êtres chers relate l’histoire d’une famille unie par l’amour en proie à la crise existentielle de l’un des leurs.

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Les êtres chers est le second long métrage écrit et réalisé par Anne Émond, après Nuit #1 sorti en 2011. S’étalant sur une période de 25 ans, le film relate l’histoire d’une famille unie par l’amour qui fera front face à la réminiscence d’un drame ancien.

Native de Saint-Roch-des-Aulnaies, Anne Émond revient a tourné ce drame familial fortement inspiré de sa propre expérience dans la région de son enfance. Présenté à Locarno en première mondiale, le film fut ensuite montré dans quelques festivals internationaux, ainsi qu’à Toronto, Rouyn Noranda et au Festival du nouveau cinéma de Montréal.

Image de la comédienne Karelle Tremblay dans Les Êtres chers (2015, réal. Anne Émond - photo Yannick Grandmont)

Karelle Tremblay dans Les Êtres chers (2015, réal. Anne Émond – photo Yannick Grandmont)

Mot de la réalisatrice

Les êtres chers, c’est un film qui traite d’un sujet sombre, mais qui le fait en célébrant la vie. C’est l’histoire d’un drame qui ébranle une famille et dont les secousses se feront sentir pendant plusieurs décennies. C’est aussi et surtout la grande histoire d’amour entre un père et sa fille, c’est David et Laurence.

David est un homme qui a tout pour être heureux; une belle femme, des beaux enfants, un bon travail. Pourtant, il porte une douleur sournoise, une blessure invisible qui s’infiltre en lui et qu’il ne s’explique pas. C’est un être fragile, mélancolique, tourmenté. Il a du mal à s’ancrer dans la vie, comme affolé par le caractère cruellement éphémère de toute chose. Avec Les êtres chers, j’ai voulu parler, avec tendresse et nuance, de ces gens pour qui la vie ne va pas de soi, de ces désaccordés de l’âme, comme trop sensibles pour ce monde.

L’amour de David pour sa famille est infini, sa femme et ses enfants le sauvent, le réconcilient avec la vie. Pour eux, il donne tout. Sous le regard attendri de ses parents, Laurence passe de fillette espiègle à jeune femme pleine de promesse. Elle vit ses premières amours, ses premières déceptions, ses premiers échecs et réussites. Elle devient une adulte. C’est un film à deux personnages principaux, Laurence prend le relai de son père, le temps venu. Les êtres chers, c’est aussi un film de grande nature et de grands espaces. J’ai eu la chance d’aller tourner dans ma région natale, dans le magnifique Bas-St-Laurent. Dans le film, la nature sauve et menace à la fois. Elle est le refuge de David mais elle est aussi sa fin. C’est là qu’il s’y perd.

Si Les êtres chers raconte la douleur de David, il raconte surtout la guérison de sa fille Laurence, qui choisit la vie. C’est un film de famille que j’ai voulu tendre et cruel, triste et drôle, lumineux, nostalgique et généreux.

Ce film se prépare en moi depuis près de quinze ans. Il raconte une histoire près de la mienne à bien des égards et parle de personnages qui me sont chers. Je suis heureuse que ce film existe aujourd’hui. J’y vois un témoignage de vie, de rédemption, de beauté.

– Anne Émond, Août 2015

Image des comédiens Valérie Cadieux et Maxim Gaudette dans Les êtres chers (2015 - réal. Anne Émond, photo Yannick Grandmont)

Valérie Cadieux et Maxim Gaudette dans Les êtres chers (2015 – réal. Anne Émond, photo Yannick Grandmont)

Résumé

1978 dans un petit village du Bas-St-Laurent. Guy, mari d'Aline et père de cinq enfants, met fin à ses jours abruptement. David, son fils à qui l'on n'a pas osé avouer la triste vérité croit à un accident cardiaque. À la succession, il hérite des outils paternels et se lance dans la fabrication de marionnettes en bois. Puis, à son tour, il fonde une famille avec Marie, sa femme, et élève dans la sérénité leurs deux beaux enfants, Laurence et Frédéric.

Mais depuis qu'André son frère, lui a appris la réalité, David n'est plus vraiment le même. Malgré l'amour de ses proches, la beauté de la nature environnante et la prospérité de sa petite entreprise, il s'est enfoncé dans une mélancolie insoupçonnable.

De son côté, Laurence a quitté la région pour aller étudier à Montréal. Là, elle fait la connaissance de Félix, devient sa blonde, mais garde en mémoire Antoine, son ami d'enfance perdu dans la démence. En dépit de sa complicité avec son père, elle ne se rendra pas compte du malaise sourd qui le mine irrémédiablement.

©Charles-Henri Ramond

Distribution

Maxim Gaudette (David), Karelle Tremblay (Laurence), Valérie Cadieux (Marie), Mickaël Gouin (André), Louise Turcot (Aline), Simon Landry-Desy (Félix), Antoine Desrochers (Antoine)

Fiche technique

Genre: drame - Origine: Québec, 2015 - Durée: 1h41 - Langue V.O.: Français - Visa: Général - Première mondiale: 12 août 2015 au Festival international du film de Locarno - Sortie en salles: 20 novembre 2015 - Tournage: août/septembre 2014 à Montréal, Notre-Dame-du-Portage et dans le Bas-Saint-Laurent, automne 2014 à Barcelone (total 29 jours)

Réalisation: Anne Émond - Scénario: Anne Émond - Production: Sylvain Corbeil et Nancy Grant - Société de production: Metafilms inc. avec la participation de Téléfilm Canada, SODEC, crédits d'impôts fédéraux et provinciaux, Société Radio-Canada - Distribution: Les Films Séville

Équipe technique - Costumes: Patricia McNeil - Direction artistique: Éric Barbeau - Montage images: Mathieu Bouchard-Malo – Musique: Martin Léon - Photographie: Mathieu Laverdière

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