Viking – Film de Stéphane Lafleur

Pour son quatrième long métrage, le réalisateur de Tu dors Nicole nous propose une allégorie fantastique mâtinée de science-fiction décalée.

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Viking est une comédie dramatique coécrite et réalisée par Stéphane Lafleur, auteur de Continental un film sans fusil, En terrains connus et Tu dors Nicole.

Entre allégorie fantastique et épopée de science-fiction (l’hommage à 2001: A Space Odyssey de Stanley Kubrick y est omniprésent), le récit – également écrit par Eric K. Boulianne (Les barbares de La Malbaie) – suit le parcours de cinq volontaires recrutés par un centre spatial pour former, sur Terre, une équipe destinée à régler à distance les problèmes interpersonnels de cinq astronautes qui effectuent la première mission habitée sur Mars.

Présenté en première mondiale au Toronto International Film Festival, où il a reçu une mention du jury des longs métrages canadiens, Viking prend l’affiche le 30 septembre 2022.

À noter enfin qu’il s’agit du 10e long métrage québécois de tous les temps à avoir reçu la cote 2 (« Remarquable »), attribuée par l’agence Mediafilm.

Notes des auteurs

Stéphane Lafleur : Je dirais que c’est une exposition du photographe Vincent Fournier qui a été le déclencheur de Viking. On y voyait des astronautes perdus dans le désert. Il y avait quelque chose d’à la fois poétique et vertigineux dans ces images. J’ai découvert plus tard que les gens photographiés faisaient partie d’une société qui organise des simulations martiennes dans le désert. Cette idée de «faire semblant» en suivant un protocole très précis me semblait intéressante comme prémisse de film. Et puis j’ai vu un documentaire sur les sondes Voyager qui ont traversé notre système solaire. On y expliquait comment un double des sondes gardé en laboratoire avait permis de régler des problèmes mécaniques rencontrés à distance. Je me suis demandé ce qui arriverait si on appliquait ce concept aux humains. C’est avec ça que je me suis lancé dans l’écriture d’une première version. Au bout d’un moment, je me suis heurté à la multitude des possibilités. L’histoire pouvait aller dans tellement de directions. C’est là que je t’ai proposé qu’on écrive le film ensemble.

Erik K. Boulianne : Ce qui m’a beaucoup parlé dans ton concept, c’était l’idée d’aborder l’infiniment grand de manière infiniment petite. Présenter une expérience pour la postérité de la race humaine, pour finalement suivre des gens ordinaires qui s’obstinent sur des détails insignifiants. Même dans l’espace, le quotidien doit être plate à quelque part… C’est clair qu’eux aussi peuvent s’obstiner sur des cubes de sucre. Ça ramène à une certaine humilité vis à vis notre rôle dans le grand schéma de «l’existence». J’ai lu ta première version en pleine pandémie, où tout le monde se rendait bien compte à quel point nos vies pouvaient être absurdes… Et voilà, j’ai eu tout de suite envie d’embarquer dans ta proposition. Je pense qu’une des premières choses sur laquelle on s’est entendus, c’est le concept de rêves et de déception, d’attentes et de réalité.

SL : Oui. Le décalage entre ce qu’on s’imagine et ce que les choses sont vraiment. L’importance aussi d’aller au bout de nos obsessions pour se les sortir de la tête (ce qui est ironiquement l’une des raisons pour laquelle je fais des films)… David a besoin de se rapprocher de son rêve, même si ce qui lui est proposé n’est pas tout à fait la «vraie» affaire. J’aime beaucoup commencer l’écriture sans trop savoir de quoi ça parle exactement. C’est plus tard que les thématiques se révèlent naturellement. Il y a aussi dans le film cette idée de vouloir être quelqu’un d’autre, de se prendre pour quelqu’un d’autre.

EK.B : Oui, encore là, dans l’optique où ça peut nous sortir de notre «condition». David le prof d’éducation physique qui se sent à côté de la plaque, qui se demande un peu à quoi il sert… En jouant John Shepard, l’ingénieur en aérospatial, il se dit qu’il va enfin faire une différence, par procuration. Je pense qu’on peut s’identifier à ça, l’envie d’être «autre chose», de faire une différence. Ça devenait aussi une notion méta par rapport à l’acte de tourner le film. Pointer la caméra sur des gens qui jouent d’autres gens, qui recréent des mises en scène, dans une mise en scène. Ça aussi c’était amusant à réfléchir et à construire… Pour ma part, ça a fait ressortir une lubie que j’ai depuis mes débuts en cinéma, assimiler des éléments hyper clichés du cinéma américain, un cinéma que tout le monde consomme dès son plus jeune âge et qui marque l’imaginaire, pour twister les codes et en faire quelque chose d’original. C’est un peu comme si Viking jouait parfois à être ce film de science-fiction qu’on a tous en tête…

Notes des auteurs extraites du dossier de presse du film fourni par Les Films Opale

Résumé

La Société Viking recrute des volontaires pour collaborer à la première mission habitée sur Mars. L’objectif est de former une équipe B d’alter ego qui vivra l’aventure en parallèle, en huis clos sur Terre, dans l’espoir de régler à distance les problèmes interpersonnels rencontrés par les cinq véritables astronautes qui se poseront bientôt sur la planète rouge. Le film raconte comment David, professeur d’éducation physique, saisit cette opportunité pour raviver son rêve de devenir astronaute et peut-être faire une différence. (Synopsis officiel)

Distribution

Steve Laplante (David), Larissa Corriveau (Steven), Fabiola N. Aladin (Janet Adams), Hamza Haq (Gary), Denis Houle (Liz), Marie Brassard (Christiane Comte), Martin-David Peters (Jean-Marc), Marie-Laurence Moreau (Isabelle), Rémi-Pierre Paquin (Éric), Christopher Heyerdahl (Mr Roy Walker)

Fiche technique

Genre: comédie dramatique - Origine: Québec, 2022 - Durée: 1h44 - Images: 35mm, ratio 1.85:1 - Langue V.O.: Français - Visa: Général - Première: 12 septembre 2022, TIFF - Sortie en salles: 30 septembre 2022 sur 26 écrans au Québec - Tournage: du 1 novembre au 22 décembre 2021, en Alberta et à Montréal - Budget approximatif: NC

Réalisation: Stéphane Lafleur - Scénario: Stéphane Lafleur, Eric K. Boulianne - Production: Kim McCraw, Luc Déry - Producteur délégué: François Reid - Société de production: micro_scope avec la participation financière de Téléfilm Canada, SODEC, crédits d'impôts fédéraux et provinciaux et la collaboration de SRC et Super É́cran - Distribution: Les Films Opale

Équipe technique - Assistant réalisation: Cédric Kluyskens - Coiffures: Vincent Dufault - Conception sonore: Sylvain Bellemare - Conception visuelle: André-Line Beauparlant - Costumes: Sophie Lefebvre - Distribution des rôles: Lucie Robitaille, Dandy Thibodeau - Étalonnage: Jérôme Cloutier - Maquillages: Marie-Josée Galibert - Mixage: Bernard Gariépy-Strobl - Montage images: Sophie Leblond – Musique: Organ Mood, Christophe Lamardche-Ledoux, Mathieu Charbonneau - Photographie: Sara Mishara - Postproduction: Érik Daniel - Prise de son: Pierre Bertrand

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